Les préoccupations des consommateurs intéressent les producteurs laitiers

D'autant plus qu'elles s'accompagnent souvent d'une amélioration de la productivité des élevages

Les préoccupations des consommateurs, telles que les changements climatiques et le bien-être animal, sont au centre des discussions sur l’élevage, mais les producteurs agricole améliorent déjà régulièrement ces deux domaines tout en rendant leurs exploitations plus efficaces.

C’est ce qui est ressorti des entretiens du journaliste Stew Slater du site web Farmtario avec un membre de l’équipe de direction de Lactanet et un producteur laitier ontarien.

Richard Cantin est directeur national du développement des affaires chez Lactanet. Il supervise l’équipe responsable des performances nationales des troupeaux. Roger Haag est producteur laitier dans la région de Brussels, dans le sud de l’Ontario.

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Tous deux ont convenu que les préoccupations du public commencent à être de plus en plus entendues dans le secteur agricole. Dans une certaine mesure, c’est parce que les agriculteurs veulent se plier aux exigences des consommateurs, mais il est également important de noter que certains de ces changements sont de toute façon avantageux pour l’agriculteur.

«Je suppose qu’en fin de compte, l’aspect qui compte vraiment est votre rentabilité», dit Roger Haag, qui exploite Haag Farms avec son épouse Karen.

Sur la base des six facteurs de gestion du troupeau suivis par Lactanet pour son classement annuel, la ferme laitière de 150 vaches utilisant trois robots Lely était 14e au Canada et deuxième en Ontario en 2018.

«Vous ne voulez pas dépenser beaucoup d’argent pour améliorer certains chiffres (dans l’un des paramètres de gestion du troupeau). Cela doit avoir un sens.»

«Donner un sens», cependant, ne signifie pas simplement soupeser le coût par rapport aux gains à court terme. L’exemple donné par Roger Haag est la décision d’utiliser une litière de sable lors de la construction de sa nouvelle étable il y a quatre ans. Les recherches de la famille ont indiqué que cela pourrait améliorer la longévité des vaches grâce à un sable bien géré. La longévité est l’un des paramètres suivis par Lactanet, ainsi qu’une statistique qui peut susciter l’inquiétude des défenseurs du bien-être animal si elle est faible et qu’elle est connue du grand public. Mais, même si la longévité n’était pas considérée au-delà de la ferme, Haag Farms aurait quand même évolué dans cette direction. Parce qu’ils savaient que cela améliorerait leur rentabilité à long terme.

Richard Cantin est d’accord. «C’est le but, je crois, pour les fermes: la production de lait et la production de composants du lait, et faire en sorte que ce soit fait de la manière la plus efficace possible», dit-il.

«Oui, de nouvelles considérations ont émergé. Et je pense qu’elles vont continuer à émerger encore plus à l’avenir, et continuer à être guidés par ce que les consommateurs disent et pensent.»

L’un est la qualité du lait; l’autre est l’effort pour réduire l’utilisation d’antibiotiques. «Toutes ces choses sont ce que les consommateurs recherchent, mais heureusement, ce sont aussi des choses que les agriculteurs veulent améliorer. »

Un lait de meilleure qualité signifie moins de risques de pénalités pour la qualité du lait et moins de vaches malades. Moins d’antibiotiques se traduit par des vaches en meilleure santé et moins de médicaments.

«Si vous reculez il y a 20-30 ans, tout était une question de production, de production. Maintenant, dans une plus grande mesure, les agriculteurs recherchent cet animal sans problème.» Et les mesures du score de gestion du troupeau ont évolué, insiste Richard Cantin, pour refléter cette réalité.

L’efficacité alimentaire et la production de lait restent essentielles

Richard Cantin explique que la production de lait et l’efficacité alimentaire sont à la base de plusieurs tendances en dehors de la ferme. Et il pense que le programme de performances de gestion des troupeaux suit actuellement certains paramètres qui fournissent des indications sur la situation d’une ferme à cet égard.

Les efforts déployés par les producteurs laitiers pour obtenir la meilleure efficacité alimentaire de leur troupeau s’inscrivent directement dans la tendance mondiale actuelle de réduction de l’empreinte carbone. Les instances gouvernementales et les consommateurs veulent savoir que des innovations sont introduites pour réduire progressivement les émissions de gaz à effet de serre résultant de la production alimentaire.

Richard Cantin note que, dans certaines parties de l’Europe et dans certaines autres juridictions, différents niveaux de paiement aux producteurs laitiers ont été mis en place pour refléter ces innovations parfois appelées «durabilité» qui ont été adoptées à la ferme. Mais il ne voit absolument pas l’introduction d’un régime similaire au Canada.

Au lieu de cela, ajoute-t-il, il sera de plus en plus rentable pour les agriculteurs canadiens de prendre en compte de telles innovations. «À la ferme, ces choses contribuent à une meilleure production financière. »

Des travaux sont en cours chez Lactanet et dans les instituts de recherche afin de déterminer les influences génétiques sur l’efficacité des aliments laitiers. Richard Cantin s’attend à ce que d’ici la fin de 2020, les producteurs disposent d’options de sélection de la génétique basées sur l’efficacité alimentaire.

Dans l’immédiat, en attendant, il pourrait y avoir des changements de gestion susceptibles d’améliorer l’efficacité de l’alimentation – quelque chose d’aussi simple que de pousser les aliments plus souvent.

Dans les scores de gestion de troupeau, il ne s’attend à aucun changement radical visant à suivre l’efficacité des aliments. Il pense qu’il est tout simplement trop difficile de collecter des données à cette échelle. Indirectement, l’efficacité alimentaire continuera à être surveillée grâce à l’évaluation de la valeur du lait.

Le bien-être des animaux, quant à lui, est suivi efficacement grâce à la mesure de la santé du pis, de la longévité et du taux de remplacement du troupeau.

«Nous avons des critères assez stricts que nous devons respecter ici à la ferme», explique Roger Haag. Il fait référence aux exigences du programme d’assurance qualité de proAction concernant la tenue des registres et le protocole de soins aux animaux respectées par les producteurs laitiers du Canada. «Ce n’est pas nécessairement que nous ne le faisions pas auparavant, dit-il. C’est juste la preuve que nous faisons un effort pour que cela continue.»

Traduction libre de l’article Consumer concerns driving livestock production discussion de Stew Slater, paru dans Farmtario sous

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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