La FCA conteste les commentaires du ministre au sujet des pourparlers de l’OMC

Ottawa (Ontario), 17 octobre 2005 – Les remarques faites par le ministre du Commerce international, Jim Peterson, au sujet des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) préoccupent la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA). En effet, lors d’une entrevue le ministre a fait l’éloge de la proposition mise de l’avant par les États-Unis, allant jusqu’à la qualifier d’offre « sérieuse ». La FCA soutient que la proposition américaine ne représente toujours aucune concession véritable de la part de l’un des pays qui subventionne le plus généreusement son agriculture et qu’elle ne procure guère d’avantage aux exportateurs canadiens ni aux secteurs de production canadiens sensibles.

« À prime abord, l’offre des É. U. peut sembler généreuse, mais si l’on y regarde de plus près on voit que le pays ne renonce pas à un seul dollar de subvention, a déclaré le président de la FCA, Bob Friesen. Je suis heureux d’entendre le ministre Peterson dire qu’il évaluera l’incidence réelle de cette offre sur les subventions à l’agriculture. Toutefois, je pense qu’il aurait dû le faire avant de parler si élogieusement du leadership américain dans les médias. »

Les É. U. ont offert de réduire de 60 % leur limite maximale de dépense autorisée par les règles de l’OMC. Or, ils ne dépensent pas à l’heure actuelle le montant maximal auquel ils ont droit. Il leur faudrait plutôt réduire ce maximum de plus de 66 % avant de commencer à couper vraiment dans les milliards de dollars qu’ils versent aujourd’hui en subventions faussant le commerce.

Les É. U. continuent de réclamer l’imposition de plafonds par produit, calculés selon les dépenses historiques, pour le soutien à l’agriculture. Des plafonds calculés de la sorte permettraient aux grands donneurs de subventions comme les É. U. et l’Europe de continuer à verser des milliards de dollars tout en créant un plafond de verre pour des pays qui, à l’instar du Canada, ont déjà réduit leurs dépenses conformément à l’esprit et aux principes de la libéralisation du commerce.

De plus, la proposition des É. U. n’est pas assez musclée sur les produits non sensibles, tout en forçant les secteurs de production sensibles à consentir un accès accru. Les agriculteurs canadiens y perdraient sur tous les plans. En effet, les secteurs assujettis à la gestion de l’offre devraient renoncer à une partie de leur accès aux marchés sans que les exportateurs canadiens, notamment les producteurs de céréales et de porc, obtiennent pour autant un élargissement notable de leur accès. La proposition vise aussi la Commission canadienne du blé, tentant de nier aux céréaliculteurs canadiens le droit de choisir leurs propres structures de mise en marché.

« Les agriculteurs canadiens souhaitent sincèrement une conclusion heureuse, le plus tôt possible, pour le Cycle de Doha… mais pas à tout prix, a ajouté M. Friesen. Le seul résultat acceptable sera celui qui établira des règles commerciales justes et équitables. La proposition des É. U. ne constitue nullement un exemple de leadership ni une concession raisonnable. Elle ne fait que renforcer les anciennes disparités. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international
http://www.dfait-maeci.gc.ca/

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