La ferme Claude Isabel a développé une approche la plus naturelle possible

Saint-Romain (Québec), 19 juillet 2002 – À Saint-Romain, dans les Cantons de l’Est, la ferme porcine et bovine Claude Isabel fait la démonstration qu’il est possible de faire les choses autrement en agriculture qu’en misant sur les gros volumes et le super rendement à tout prix.

Parce que M. Isabel, qui est installé depuis 1978 à proximité du petit village, chemin Sainte-Cécile, a développé une approche la plus naturelle possible pour sa production.

« Avec environ 60 truies à l’engraissement pour une production d’environ 1200 porcs par année, c’est loin d’être une mégaporcherie. J’axe mes activités sur la façon de faire la plus naturelle possible. Par exemple, j’utilise uniquement de l’alimentation végétale (grains, huiles végétales, minéraux environnementaux), donc aucune farine animale. Aussi, il n’y a aucun antibiotique dans l’alimentation et quand je recours aux antibiotiques par injection, c’est vraiment exceptionnel », affirme M. Isabel, qui exploite son entreprise avec sa conjointe, Odette Lapointe-Isabel et son fils, Olivier.

Bien sûr, une telle approche a pour effet d’étirer la période d’allaitement des porcelets. « Au lieu de 18 jours pour le sevrage comme c’est la norme habituellement dans les exploitations porcines, ça peut aller chez nous jusqu’à 30 jours… Le fait de ne pas utiliser d’antibiotique donne des animaux plus faibles au départ, qu’il faut surveiller constamment. Leur croissance est plus lente avant d’atteindre le poids du marché (225 livres entre 160 et 180 jours) mais on finit par développer un bon oeil d’observateur pour s’assurer que tout se passe bien dans leur développement. Et en retour, ça donne une viande de qualité incomparable », soutient M. Isabel, qui vend directement à la ferme une partie de sa production, préalablement emballée sous vide et surgelée.

« Les consommateurs sont unanimes à dire que notre viande de porc a un goût particulier, qu’ils ne retrouvent pas ailleurs, ajoute le producteur.

En terme de mise en marché, il dit constater la difficulté des gens à changer les traditions. « Le porc, c’est une viande plus maigre que les gens pensent, donc meilleure pour la santé. Et en plus, les variétés de coupe sont nombreuses mais les gens ne semblent pas le réaliser. Je dirais que le porc reste méconnu car la demande est surtout pour les côtes », signale M. Isabel.

Depuis 1989, le producteur, dont la terre de 300 acres peut facilement recueillir et assimiler les fumiers de ses animaux, a diversifié ses activités, avec un troupeau bovin de race Hereford.

Là aussi M. Isabel applique la même philosophie d’une approche naturelle. Par exemple, pour son troupeau comptant en tout 175 bêtes, il dispose de tout le pâturage requis. L’alimentation se retrouve en grains, minéraux, fourrages et ensilage de maïs. Il n’utilise ni hormone pour stimuler la croissance ni farine de viande pour accroître la valeur protéique de la ration.

« Quand on croit au respect de l’humain pour lui offrir la meilleure qualité possible et au respect de l’environnement, c’est normal de respecter les animaux. Pour nous, le respect demeure une façon de vivre », conclut Claude Isabel.

Source : Presse Canadienne

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