La FNE ne veut pas la destruction des sites d’essai d’OGM

Paris (France), 2 mars 2001 – La condamnation du ministère de l’Agriculture français à publier la liste des sites de cultures OGM (organismes génétiquement modifiés) pour l’année 2000 est une victoire de principe sans arrière pensée destructive, affirme France Nature Environnement (FNE).

Une demande de même nature a déjà été déposée le 12 février 2001 pour la localisation des essais en plein champ de l’année 2001, a précisé à Reuters Pierre Bousquet, directeur de la FNE qui regroupe environ 3.000 associations de protection de la nature et de l’environnement en France.

« On est pas dans la logique de la destruction des parcelles qui est celle de la Confédération paysanne. Notre action est une action de principe pour l’information du grand public, sans arrière pensée », a-t-il dit.

Le tribunal administratif de Paris a condamné jeudi le ministère de l’Agriculture à publier dans un délai d’un mois la localisation des essais en France des cultures OGM de plein champ pour l’année 2000, sous peine d’astreinte de 1.000 francs par jour de retard.

Malgré un avis favorable en mai 2000 de la Commission d’accès aux documents administratifs, le ministère de l’Agriculture s’était toujours refusé à révéler la localisation précise des sites. Le ministère a décliné tout commentaire concernant la décision du tribunal.

Pour France Nature Environnement, la condamnation du ministère de l’Agriculture va apporter plus de transparence en matière d’OGM alors même que la loi prévoit expressément l’information du public.

« La liste des sites de l’année 2000 n’est plus très intéressante. Les cultures ont été récoltées. Par contre, si on doit repasser devant le tribunal pour les sites 2001, il ne mettra pas 10 mois à statuer », a poursuivi Pierre Bousquet.

Pour l’association des producteurs de maïs (AGPM), une des cultures les plus concernées par les évolutions génétiques avec le soja, la décision va dans le bon sens à condition que ce ne soit pas au détriment de la recherche.

« On est pour la transparence mais il faut que ce soit dans les deux sens », a dit Christophe Laborde, responsable de la communication de l’AGPM.

« L’avenir dira si ceux qui demandent la publication des sites au nom de la loi ne vont pas dans la plus grande illégalité les détruire », a-t-il ajouté.

« Le danger, si il en a, est pour les sites face aux fanatiques qui veulent les détruire », a-t-il lancé.

Source : Reuters

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