La petite soeur de El Nino serait en route

Après avoir enregistré un des phénomènes El Nino les plus forts des cinquante dernières années à l’hiver 2015-2016, la planète pourrait faire face à sa contrepartie, la Nina, qui pourrait se manifester dès la fin de l’année 2016.

Si El Nino se caractérise par un réchauffement des eaux de l’océan Pacifique, la Nina représente au contraire un refroidissement des mêmes eaux. Depuis la fin novembre, les eaux se sont refroidies de 3 degrés Celsius dans le Pacifique.

La Nina se manifeste une fois sur deux après un épisode de réchauffement climatique comme El Nino. Pour l’instant, les météorologues australiens prévoient à part égale un retour à la normale des températures ou une apparition de phénomènes reliées à la Nina. Un faible pourcentage des experts table sur un retour de El Nino. D’autres experts de la Société générale indiquent plutôt que la probabilité de voir la Nina se réaliser dans les douze mois suivant un événement El Nino se situe à 89%, une échéance qui pourrait être aussi rapprochée que trois mois après. La Nina pourrait donc se faire sentir dès Noël de cette année.

La situation est suivie de près car elle a des impacts différents selon les régions. Un refroidissement signifie en effet plus de pluie pour l’Australie en Indonésie et dans l’est de l’Asie alors qu’on parle plutôt de sécheresse dans le Midwest américain et en Amérique latine. Cela se traduirait aussi parfois par un hiver plus froid pour l’hémisphère nord du continent américain pour l’année 2016-2017. La Nina pourrait alors affecter le prix des céréales en cas de récoltes moins abondantes, ainsi que le prix de gaz en cas de saison très froide. Ces conditions s’installent généralement pour 9 à 12 mois, mais les épisodes importants peuvent durer jusqu’à deux ans.

Le phénomène la Nina a été enregistré les dernières fois en 2010 et en 2012. L’Australie avait alors connu de fortes inondations. Il avait aussi été présent lors du dernier événement de forte intensité de El Nino en 1998. Le présent El Nino a jusqu’à présent affecté les récoltes de sucre, café, riz et huile de palme.

Sources: CNBC, Bloomberg

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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