La pluie arrive à temps

Les précipitations des derniers jours ont changé la donne dans les champs de maïs et de soya

Soupir de soulagement chez plusieurs producteurs de grandes cultures du sud du Québec, celle qui était la plus affectée par la sécheresse des dernières semaines. « Les problèmes sont terminés, la pluie est arrivée à temps, indique Gilles Corno, agronome chez Semences Pride. Les plants de maïs récupèrent très bien. Le soya aussi apprécie le retour de l’eau. En plus, ils annoncent encore de la pluie pour les prochains jours, c’est bon. »

Stéphane Myre, agronome chez Bayer, aussi est content du retour de « l’or bleu », comme il l’appelle. « La pluie en fin de semaine a été plus que bénéfique. Les quantités ont varié d’une région à l’autre. On parle de 25 mm et plus selon les endroits. Ces précipitations ont changé la donne, surtout au centre et au sud du Québec », dit-il.

La pluie a permis un regain de croissance, on le constate dans le soya et le maïs. « Pour le soya, la floraison va bon train. Du côté du maïs, les soies et les croix sortent dans certains champs. Pour d’autres, on peut s’attendre à ce que les croix sortent dans un délai de 5 à 10 jours. » Toutefois, l’agronome a observé des plants de maïs plutôt courts. « Les entre-nœuds sont un peu plus courts que d’habitude, mais la floraison va bon train. La température favorable est bénéfique à la pollinisation et au remplissage éventuel du grain. »

Malgré les hauts et les bas de dame Nature cette année, les deux agronomes sont optimistes quant à la suite de la saison et au rendement final. « Depuis le début de la saison, on a subi des aléas climatiques extrêmes, du froid, de la sécheresse, un épisode de gel. Plusieurs producteurs ont semé tôt, soit dans les derniers jours d’avril, alors que les conditions de sol étaient exceptionnelles. Après, on a connu des conditions froides qui ont apporté des problématiques, l’émergence a été plus difficile dans certains cas. Malgré tout, le processus va bon train. Je suis confiant pour la suite », dit Stéphane Myre.

Rappelons qu’un comité de suivi des cultures a été mis sur pied un peu plus tôt en saison afin de suivre de près le manque de précipitations. Réunissant des représentants de la Financière agricole du Québec, de l’UPA et du MAPAQ, ce comité avait constaté un déficit hydrique dans toutes les régions du Québec le 30 juin dernier. En date du 8 juillet, 1264 avis de dommages étaient ouverts à l’assurance récolte pour cause de sécheresse.

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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