La sécheresse frappe 60 départements français

Paris (France), 28 juillet 2005 – Les effets de la sécheresse se renforcent dans les zones déjà touchées et concernent désormais un total de 60 départements de l’hexagone, selon le ministère de l’Ecologie.

Ces 60 départements sont concernés par au moins un arrêté préfectoral de limitation des usages de l’eau. Selon les cartes de suivi publiées sur le site du ministère, la seconde décade de juillet a été « particulièrement sèche sur le territoire métropolitain », à l’exception « de la frange Est et d’une zone très localisée des Pays de la Loire ».

« C’est vrai que nous arrivons à la période la plus difficile de la sécheresse, période qui est aussi la plus chaude, ce qui pose le plus de problèmes pour les activités agricoles, en dehors bien sûr de la vigne qui, elle, apprécie mieux ce climat », selon Noël Godard, chargé de la sous-direction des milieux aquatiques et de la gestion des eaux au ministère de l’Ecologie et du développement durable.

C’est l’élevage qui est le plus fragilisé, car les prés sont secs et la deuxième récolte de fourrage qui a, en général, lieu en septembre, peut être menacée si la sécheresse perdure, explique-t-on au ministère de l’Ecologie. « Dans certaines régions, les éleveurs doivent déjà puiser dans les stocks pour nourrir leur bétail », ajoute-t-on.

Interrogé sur la préparation du gouvernement face à cette sécheresse, Noël Godard rappelle que son ministère a travaillé « dès le début de l’année en concertation avec le ministère de l’Agriculture. Nous avions anticipé cette sécheresse de 2005 dès février, compte tenu de la faiblesse des précipitations depuis le mois de septembre 2004 et en mars, nous avions recommandé aux agriculteurs de privilégier des cultures moins consommatrices d’eau, conseil qui a été entendu », indique-t-il. « La surface cultivée du maïs, culture très consommatrice d’eau, a diminué de 10% et cette réduction atteint jusquà 20% en Poitou-Charentes, région très affectée par la sécheresse », ajoute-t-il.

Mercredi, le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau avait reconnu que la situation de la sécheresse en France était « préoccupante dans la moitié des départements », mais estimé que la France devrait pouvoir « passer l’été », à condition que les Français paient un « impôt civisme », c’est-à-dire en faisant « attention à l’eau », notamment en prenant une douche plutôt qu’un bain.

Pour l’avenir, M. Bussereau a prôné la construction de « petites réserves de substitution » d’eau autour des villages plutôt que « de grands barrages ».

Source : AFP

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