L’Allemagne pour une agriculture européenne plus « verte »

Goellheim (Allemagne), 22 février 2001 – Plus de qualité et moins de quantité. La recette paraît simple, mais la nouvelle ministre allemande de l’Agriculture Renate Kunast souhaite en faire le nouveau credo de l’Union européenne pour mettre fin à des décennies de productivisme agricole qui débouchent sur des crises répétées et graves. L’opinion publique allemande approuve son discours. Cette écologiste nommée à la tête du ministère de l’Agriculture il y a six semaines est passée du 8e au 3e rang dans le baromètre des personnalités les plus populaires établi par la chaîne ZDF.

Aujourd’hui, Mme Kunast a l’occasion de promouvoir son programme d’inspiration écologiste sur la scène européenne. Sa campagne pour une réforme du système des subventions, qui favorise depuis des décennies une agriculture productiviste, rencontre un écho favorable chez le commissaire européen à l’Agriculture, l’Autrichien Franz Fischler.

« La vieille politique agricole arrive à son terme », a déclaré cette ancienne avocate de 45 ans lors d’une tournée le week-end dernier dans l’ouest du pays, non loin de la frontière française. « Nous devons réduire la production et augmenter la qualité », a-t-elle notamment martelé.

Elle préconise concrètement de réorienter le budget communautaire en faveur d’une agriculture moins intensive, en favorisant notamment les productions biologiques qui évitent le recours aux insecticides et autres herbicides.

La ministre estime que la maladie de la vache folle place l’Europe devant un choix: les aliments bon marché ou la sécurité alimentaire. Les subventions agricoles ont été un « fiasco » pour les consommateurs, a-t-elle déclaré au Bundestag.

La crise liée à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou maladie de la vache folle a provoqué une forte hausse du chiffre d’affaires des agriculteurs biologiques en Allemagne. Ce qui va dans le sens de la politique de Mme Kunast.

Son arrivée au ministère de l’Agriculture le mois dernier en remplacement de Karl-Heinz Funke, démissionnaire en raison de sa gestion contestée de la crise de la vache folle, marque un profond changement. Elle est le premier Vert à obtenir ce portefeuille en Allemagne.

M. Funke, un agriculteur, symbolisait la tradition d’une collaboration avec le lobby agricole. Mme Kunast, qui a fait ses armes politiques à Berlin, a elle peu d’expérience pratique de l’agriculture.

Dans sa croisade sur la scène européenne, elle peut compter sur un allié en la personne de Franz Fischler, qui prône depuis longtemps une agriculture européenne plus écologique, mais s’est souvent heurté aux réticences allemandes et françaises. Le commissaire européen a salué la nomination de Mme Kunast et a apporté son soutien au nouvel objectif de l’Allemagne de porter la part de l’agriculture biologique dans le pays à 20%, contre 3% actuellement.

Source : AP

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