L’avenir de l’industrie porcine passe par du leadership, du courage politique, et de la vision

Trois-Rivières (Québec), 30 novembre 2007 – Lors d’une conférence de presse, en marge du Forum syndical surl’industrie porcine, le président de la Fédération du commerce-CSN, Jean Lortie, a dressé un premier bilan de l’exercice de réflexion auquel se sont adonnés les syndicats CSN du secteur de l’abattage et de la transformation du porc au Québec.

Selon Jean Lortie, la rencontre a permis de saisir que s’il est importantde s’attaquer dès maintenant aux problèmes qui rongent ce secteur industrielnévralgique pour le Québec, il est aussi impératif que son relèvements’inscrive dans la durée et avec la participation de tous les acteurs. « Lesecteur a été durement secoué ces dernières années. Sa réputation négative auplan environnemental, de nouvelles contraintes imposées par des phénomènescycliques comme le circovirus, la maladie du porc, ou structurels comme lamontée en force du dollar canadien et l’apparition de nouveaux paysconcurrents sont autant d’explications à la crise actuelle. Les nombreusescontributions tant extérieures que syndicales à ce Forum nous mènent àconclure que la recherche de solutions imaginatives et l’adhésion de tous àces solutions sont incontournables », a affirmé le président de la fédérationsyndicale.

Mais un autre joueur, la main-d’oeuvre, peut, s’il est mis àcontribution, faire partie de la solution. Des modèles européens, au Danemarket en France, viennent appuyer cette idée. La recette fait aussi ses preuvesau Québec. Selon Jean Lortie, cela ne fait pas de doute, « L’exemple del’entreprise CNP, à Rivière-du-Loup, qui a connu une hausse de 25 % deproductivité après que des mécanismes d’échanges sur l’organisation du travailentre la direction et le syndicat nouvellement accrédité aient été mis surpied, conforte notre opinion à cet égard. D’autres entreprises devraient entirer des leçons ».

Les difficultés que rencontre l’industrie porcine à maintenir unemain-d’oeuvre stable représentent un défi qui doit être relevé dans lesmeilleurs délais. Certes, de bonnes conditions de travail, des salairesdécents qui tiennent compte de la dure réalité du travail exécuté par lesemployés sont les conditions de base pour hausser la capacité de rétention dupersonnel dans l’industrie porcine. En plus de l’implication des travailleursdans la façon d’organiser la production, il faudra leur assurer une formationadéquate, apte à valoriser les emplois. « A ce sujet, les délégationseuropéennes nous ont appris que nous sommes à des années lumières de cequ’employeurs et syndicats ont, là-bas, convenu, depuis des années, et cela aubénéfice des deux parties. Il faudra bien que les entreprises d’ici seréveillent et comprennent qu’elles doivent miser sur le relèvement dusavoir-faire et sur la valorisation de leur main-d’oeuvre », d’indiquer JeanLortie.

Venu dialoguer au forum avec les représentants des syndicats, lemandataire du gouvernement chargé de trouver des solutions à la crise, M. GuyCoulombe a indiqué que la situation de l’industrie porcine au Québec a besoind’un sérieux coup de barre. Le mandat que le gouvernement lui a confié estcomplexe. « Ses propos nous laisse voir, de sa part, une détermination qui nousplaît. En poste depuis peu, nous croyons qu’il a déjà bien saisi que la voiedu relèvement de l’industrie du porc ne pourra pas se faire dansl’improvisation et sans que ne soient pris en compte tous les éléments quicomposent l’industrie, a souligné Jean Lortie. Chaque groupe devra fairepreuve de courage politique et se doter d’un leadership cohérent.

Si nous avons pu, par la tenue de ce Forum, contribuer à trouver desavenues de solutions aux difficultés que vie l’industrie porcine au Québec,nous aurons, du coup, bien fait notre travail syndical », de conclure leprésident de la Fédération du commerce de la CSN.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Confédération des syndicats nationaux
http://www.csn.qc.ca

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