Le Canada atteint par l’ESB, embargo américain immédiat

Montréal (Québec), 21 mai 2003 – Dix-sept ans après l’apparition de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) en Europe, le continent nord-américain est rattrapé par la maladie de la vache folle avec un cas diagnostiqué dans les plaines canadiennes de l’Alberta aux immenses cheptels.

A Edmonton, capitale de cette province de l’Ouest, le ministre de l’Agriculture du Canada, Lyle Vanclief, a annoncé mardi qu’un cas avait été détecté au Canada sur un animal d’un troupeau du nord albertain. Les Etats-Unis voisins ont aussitôt décrété un embargo sur le boeuf canadien.

Maigre et malade, l’animal, âgé de huit ans, avait été abattu en janvier dernier mais il n’avait été testé que vendredi pour l’ESB, un premier résultat positif des laboratoires de Winnipeg étant confirmé mardi matin par un laboratoire britannique.

« Il n’y avait aucune indication que cet animal avait l’ESB, c’est ce qui explique ce retard », a indiqué la ministre de l’Agriculture de l’Alberta, Shirley McClellan, estimant que la détection de ce cas sur un cheptel provincial frôlant les six millions de bêtes montrait la fiabilité du système mis en place.

« Je tiens à souligner qu’il s’agit d’une seule vache », a insisté M. Vanclief tandis que sa collègue albertaine précisait que la « cause exacte » de ce cas « n’est pas connue ».

En 1993, déjà dans l’Alberta, il y avait eu un cas de vache folle, mais la bête était d’origine britannique.

Cette fois-ci, « nous ne sommes pas totalement sûrs que l’animal ait été autochtone ou qu’il se soit agi d’un animal importé », a prudemment indiqué le ministre dans une interview à la chaîne CTV.

Une enquête sur ses origines « est en cours », a-t-il ajouté, alors que sa collègue albertaine assurait que « le Canada a mis en place un système de traçabilité des bêtes parmi les meilleurs au monde ».

Une fois les tests effectués, le troupeau auquel l’animal appartient, à Fairview, sera éliminé.

« L’important est que cet animal n’est pas entré dans la chaîne alimentaire », a souligné Shirley McClellan.

Dès l’apparition de la maladie en Europe, le Canada avait multiplié les mesures anti-ESB: restriction d’importation d’animaux vivants ou d’embryons, suivi médical renforcé puis interdiction de protéines de mammifères pour nourrir les ruminants.

Cependant, les cervidés d’élevage étaient déjà atteints par une variante de l’ESB et, à plusieurs reprises déjà, des troupeaux de wapitis ou de cerfs, avaient dû être abattus.

Les assurances canadiennes n’ont pas suffi aux Etats-Unis qui ont aussitôt annoncé avoir placé « le Canada sous le régime de restriction concernant l’ESB », ce qui signifie que ne sera accepté « aucun ruminant ni aucun produit issu de ruminant provenant du Canada pendant la poursuite des investigations » au Canada.

« Nous sommes en train d’envoyer une équipe technique au Canada pour aider à l’enquête », a ajouté la secrétaire américaine à l’Agriculture Ann Veneman, assurant que « toutes les mesures appropriées sont en train d’être prises dans ce qui apparaît être un cas isolé ».

Même temporaire, cet embargo représente un coup dur alors que 90% des exportations de viandes bovines canadiennes partent vers les Etats-Unis.

Les responsables américains « vont faire tous les efforts pour lever cet embargo aussi vite que possible. Ils comprennent et ont conscience qu’il y a plus de 500 000 bêtes canadiennes dans les troupeaux aux Etats-Unis aussi et que l’industrie du boeuf est très imbriquée entre le Canada et les Etats-Unis », a souligné le ministre Vanclief.

A la bourse de New York, l’action du groupe de restauration rapide McDonald perdait immédiatement 5,56% à 17,15 dollars, tandis qu’à Toronto, les titres des grandes compagnies ferroviaires comme Canadian Pacific ou le Canadien National, qui transportent le bétail, marquaient aussi le coup.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

McDonald’s
http://www.mcdonalds.com/

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