Le climat mondial actuel aiderait au lancement d’une autre ronde de l’OMC

Ottawa (Ontario), 15 octobre 2001 – Les événements du 11 septembre ont eu malgré tout un impact favorable sur la volonté des membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de relancer une nouvelle ronde de négociations, soutient le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew.

« Ce que j’ai constaté à Singapour, c’est que les pays participants semblent avoir une détermination très grande de démontrer que le système international et l’ordre international que nous avons construit, basé sur des règles de droit, (sont) des institutions auxquelles ils sont très attachées », a déclaré le ministre en entrevue depuis Singapour, lundi.

M. Pettigrew tenait ces propos à la suite d’une rencontre informelle d’une vingtaine de pays membres de l’OMC ce week-end. Cette rencontre avait pour but de préparer le terrain pour la réunion officielle qui doit avoir lieu à Doha, au Qatar, au début du mois de novembre. Les ministres se penchaient sur un projet de déclaration qui servira de base aux discussions futures.

« Je crois que ça (les événements du 11 septembre) va même aider au lancement de ce cycle de négociations. La solidarité m’a apparu très forte, et je crois que cette solidarité vient des événements du 11 septembre », a poursuivi M. Pettigrew.

La rencontre de Doha a pour objectif de reprendre les choses là où les représentants les avaient laissés à Seattle, devant la grogne des manifestants et des pays en voie de développement. L’OMC n’a pas l’intention d’accuser un autre échec, devant les terroristes cette fois. Pas question de remettre à plus tard la rencontre de Doha, même si le Qatar se retrouve dans un coin chaud du globe, en plein dans la péninsule d’Arabie.

A Singapour, plusieurs participants ont toutefois soulevé la question de la sécurité, s’interrogeant sur la possibilité de tenir l’événement dans une autre ville, à Genève ou à Singapour, par exemple. Aucun changement n’a encore été annoncé.

Dans la foulée des attentats terroristes, l’économie mondiale accuse un ralentissement notoire. Plusieurs pays, craignant être la cible de terroristes, sont plus frileux à ouvrir leurs frontières aux échanges commerciaux.

« Il ne faut pas que les terroristes gagnent en voyant nos membres élever des barrières », a souligné M. Pettigrew, reprenant à sa façon une opinion exprimée à maintes reprises par le directeur général de l’OMC, Mike Moore.

La solidarité et la détermination des membres ne signifient pas, par contre, que les négociations seront faciles. Déjà les pays en voie de développement s’opposent à l’Union européenne (UE), au Japon et aux Etats-Unis sur la question de la mise en oeuvre des ententes précédentes.

Un affrontement est également à prévoir sur le plan de l’agriculture, où certains grands exportateurs de nourriture, dont le Canada, exigent la libéralisation de ce marché.

A Singapour, comme l’a fait remarquer le ministre Pettigrew, le point de vue du Canada s’est heurté de nouveau à celui de l’UE et du Japon, « extrêmement protectionnistes » et qui ont « peu d’appétit pour une réforme du commerce agricole à travers le monde ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international

http://www.dfait-maeci.gc.ca/

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