Le compostage, un mode de manutention peu coûteux du fumier

Ottawa (Ontario), 6 juin 2003 – Les exploitants de parcs d’engraissement du Canada pourraient profiter des résultats des recherches sur l’effet des méthodes de manutention sur la masse et la teneur en éléments nutritifs du fumier de bovin de boucherie.

Des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), le Dr Frank Larney, à Lethbridge en Alberta, et le Dr Kathy Buckley, à Brandon au Manitoba, comparent les effets de l’épandage direct du fumier frais sur le sol au stockage pendant trois à six mois et au compostage actif en tas. (Les tas ont été retournés six à huit fois pendant trois mois puis traités à la chaleur pendant trois autres mois.)

« La recherche prend en charge les préoccupations du secteur de l’élevage qui sollicite activement de l’information sur des méthodes peu coûteuses de manutention du fumier qui donneraient les meilleurs résultats en matière de conservation des éléments nutritifs et qui protégeraient les ressources environnementales du Canada », a déclaré l’un des chefs de projet d’AAC, le Dr Larney.

L’équipe de recherche a découvert que la perte de masse attribuable au stockage et, en particulier, au compostage améliore grandement la facilité et l’aspect économique du transport du fumier en raison de la plus faible teneur en eau.

En moyenne, la teneur en eau varie de 55 à 72 pour cent en poids sec dans le cas du fumier frais, diminue de 43 à 72 pour cent dans le fumier stocké et de 28 à 46 pour cent dans le fumier composté. Le stockage diminue la masse totale du fumier frais de 18 à 47 pour cent, alors que le compostage la réduit de 28 à 64 pour cent.

« En raison de la diminution de la masse attribuable au compostage, il est plus facile de manipuler et d’apporter les éléments nutritifs au champ avec moins de déplacements », a expliqué le Dr Larney.

Les résultats ont montré que le stockage du fumier accroît l’azote assimilable par tonne sèche de 1,6 kg à Lethbridge et de 2,3 kg à Brandon comparativement à l’épandage du fumier frais. Le fumier composté apporte moins d’azote assimilable par tonne sèche que le fumier frais, mais le phosphore assimilable par tonne sèche était semblable dans le cas du fumier composté et du fumier brut.

Cependant, le stockage du fumier a des effets variables sur la quantité de phosphore assimilable, ce qui indique la nécessité de recherches plus poussées sur la transformation du phosphore durant ce processus.

En moyenne, la concentration de carbone est la plus élevée dans le cas du fumier frais et la plus faible dans celui du fumier composté, le fumier stocké se situant entre les deux. La concentration d’azote total est la plus faible avec le fumier composté, alors qu’elle est équivalente pour le fumier frais et le fumier stocké. De son côté, la concentration de phosphore total est la plus faible avec le fumier frais et équivalente dans le cas du fumier stocké et du fumier composté.

« Les producteurs devraient savoir que des méthodes de manutention différentes modifient les teneurs en éléments nutritifs, tant en concentration qu’en assimilabilité, dans le fumier, a déclaré le Dr Larney. On leur conseille d’analyser chaque forme d’amendement organique en conséquence. En adoptant les meilleures pratiques de gestion, les producteurs peuvent associer les taux d’épandage d’éléments nutritifs du fumier et du compost à l’absorption ultérieure par les végétaux. »

Ces travaux de recherche illustrent non seulement le travail d’équipe à AAC, mais aussi une coopération intragouvernementale, car ils ont reçu un soutien du Programme de recherche et de développement énergétiques de Ressources naturelles Canada.

Le Centre de recherches de Lethbridge, le plus grand établissement de recherches d’AAC, exploite des programmes visant à améliorer la durabilité économique et environnementale à long terme du secteur agroalimentaire canadien grâce à la mise au point et au transfert de technologies novatrices. Certains des travaux de recherche du Centre portent sur l’amélioration de la viabilité de la production végétale et de sa compétitivité par la mise au point de technologies novatrices adaptées aux prairies canadiennes.

Le Centre de recherches de Brandon procède à des travaux de R et D sur la gestion durable des ressources en sol, en végétaux et en bétail. Les travaux de recherche contribuent à garantir la salubrité, la qualité et l’aptitude à la commercialisation de la production agricole de la prairie-parc, une vaste région agroécologique des Prairies canadiennes.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux admettent que la viabilité et la rentabilité à long terme de l’agriculture dépendent de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Grâce au Cadre stratégique pour l’agriculture, AAC et d’autres ministères de l’agriculture encouragent les agriculteurs à conserver de bonnes pratiques environnementales, comme le compostage, pour accroître la rentabilité et entretenir un lien d’importance avec les consommateurs de plus en plus soucieux du respect de l’environnement.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Centre de recherche de Brandon
http://res2.agr.ca/brandon/

Lethbridge Research Center
http://res.agr.ca/leth/

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