Le grenier se transforme

On cultive dans l’Ouest canadien 78% fois plus de maïs que depuis 2002, selon le réputé magazine The Economist qui consacre un article au développement du «Canada’s Corn Belt» dans une édition du mois de novembre. Comme LeBulletin.com le rapporte dans une analyse publiée plus tôt cet automne, trois facteurs expliquent cette mutation: les changements climatiques, les hybrides à croissance plus rapide et les prix du maïs.

Il fait plus chaud sur la planète et les changements climatiques influent sur le type de culture que les agriculteurs du monde peuvent se permettre de faire pousser sur leurs terres. Dans les Prairies canadiennes, on estime que la saison de culture est deux semaines plus longue qu’il y a un siècle. Ainsi, on cultive aujourd’hui deux fois plus de maïs-grain qu’il y a dix ans au Manitoba seulement.

Les agriculteurs de l’Ouest canadien se tournent également vers le maïs parce que le prix de cette céréale a considérablement augmenté au cours des dernières années. La demande mondiale pour le maïs a été plus forte que l’offre au cours de trois des quatre dernières années. Résultat : 300 000 acres (121 400 hectares) de champs de maïs dans les Prairies ont été cultivés cette année.

Bien entendu, on y cultive encore du blé et du canola. Selon Statistiques Canada, «les producteurs des Prairies ont déclaré avoir ensemencé une superficie record de 21,0 millions d’acres en canola, soit une hausse de 2,4 millions d’acres. Il s’agit de la sixième année consécutive où la superficie de canola atteint un sommet». Pour ce qui est du blé, ils ont ensemencé l’équivalent de 4,0 millions d’acres en 2011 comparativement à 4,7 millions d’acres en 2012.

Dans The Economist, on apprend que ce changement dans les pratiques agricoles explique l’augmentation du prix des terrains dans l’Ouest. Ainsi, le prix des terres agricoles a augmenté de 157% en Alberta au cours de la dernière décennie, contre 115% au Manitoba et 112% en Saskatchewan.

Plus de blé en 2013 ?

Par contre, selon Financement agricole Canada, les agriculteurs de l’Ouest canadien pourraient «ensemencer une plus grande superficie de blé en 2013 pour profiter de la rentabilité accrue de cette culture. Les prix du blé bénéficient du soutien apporté par les mauvaises récoltes dues à la sécheresse en Russie et en Ukraine, ainsi que par les craintes que les récoltes en Australie, en Amérique du Sud et aux États-Unis déçoivent les attentes.»

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