Le nombre de cas de la DÉP toujours en croissance

Évolution de la DÉP aux États-Unis. Source: Les Éleveurs de porcs du Québec, à partir des données du NAHLN des États-Unis
Évolution de la DÉP aux États-Unis. Source: Les Éleveurs de porcs du Québec, à partir des données du NAHLN des États-Unis

Selon le plus récent rapport du National Animal Health Laboratory Network (NAHLN) des États-Unis, le nombre de nouveaux cas durant la semaine du 5 janvier 2014 est de 188 pour un total de 2271 cas depuis avril dernier. L’Iowa est l’état le plus touché, et de loin, avec 852 cas. L’Iowa est aussi le plus grand producteur de porcs aux États-Unis. Les autres grands états producteurs sont aussi parmi les plus touchés : la Caroline du Nord est le deuxième en importance avec 316 cas, et le Minnesota avec 263 cas.

Le nombre d’états touchés continue lui aussi d’augmenter. On dénombre maintenant 23 états. Tous les plus importants états producteurs sont affectés par la maladie. Plusieurs d’entre eux sont contigus à la frontière canadienne, comme le Minnesota qui a connu le deuxième plus grand nombre de nouveaux cas durant la semaine du 5 janvier.

Québec et Canada

Le souhait des éleveurs et des intervenants du secteur porcin canadien est d’empêcher la venue d’un premier cas de DÉP sur son territoire. « Ça va rester un défi », admet le coordonnateur de l’Équipe québécoise de santé porcine (ÉQSP), Martin Pelletier.

Au Québec, plusieurs actions ont été mises en place depuis l’éclosion de la maladie sur le territoire américain au printemps 2013, à commencer par la formation de l’ÉQSP en début d’été.

« Nous avons deux plans, explique Martin Pelletier. Le plan A est de tout faire pour empêcher que la maladie arrive. L’autre plan est de, si la maladie arrive, développer un plan d’action concerté. Nous voulons que les producteurs déclarent les cas suspects. » L’été dernier, des fiches ont été élaborées à l’intention des éleveurs, des intervenants, et des transporteurs et propriétaires de centres de rassemblement de porcs vivants.

La maladie peut être facile à détecter en pouponnière en raison de l’importance de la diarrhée et du taux de mortalité élevé. Toutefois, en pouponnière et en engraissement, les symptômes ressemblent à ceux d’autres maladies. « Le vétérinaire doit absolument envoyer des échantillons au laboratoire pour avoir une confirmation », insiste Martin Pelletier.

À l’automne 2013, M.Pelletier a donné plusieurs conférences sur la maladie. Cet hiver, des formations sont offertes aux éleveurs, aux intervenants et aux transporteurs. Elles sont coordonnées par les Éleveurs de porcs du Québec, mais offertes par des médecins vétérinaires dans différentes régions de la province. Des efforts semblables sont déployés ailleurs au Canada pour empêcher la venue de la maladie.

Chaque semaine, l’ÉQSP met à jour une section du site Internet des Éleveurs de porcs du Québec sur l’état de l’évolution de la maladie aux États-Unis.

Transporteurs

Le point le plus sensible pour l’importation potentielle du virus repose sur les transporteurs et les parcs de rassemblement d’animaux vivants. Régulièrement, des porcs de réforme sont expédiés aux États-Unis pour y être abattus. De plus, des porcelets nés au Canada sont expédiés aux États-Unis pour y être engraissés. Ce n’est pas une pratique au Québec, mais des porcelets de l’Ontario et de l’Ouest canadien suivent cette voie.

Des efforts de sensibilisation ont été effectués auprès des transporteurs et des centres de rassemblement. Le message a été entendu. « Des mesures ont été prises », affirme Martin Pelletier. Des pressions ont été faites pour que les transporteurs et les centres de rassemblement les plus à risque lavent, désinfectent et assèchent systématiquement les camions à chaque livraison, ce qui n’était pas fait précédemment, même si, dans plusieurs cas, ils avaient l’équipement pour cela.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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