Le secteur de l’agriculture explore de nouvelles possibilités sur le marché des huiles

Ottawa (Ontario), 28 mars 2003 – Prescription du médecin pour les agriculteurs qui veulent dépasser l’agriculture traditionnelle : nouvelle recherche sur les cultures d’aromates et de plantes médicinales.

Le « fruit du labeur » a toujours été une expression littérale pour les agriculteurs de la Nouvelle-Ecosse. Par tradition, ils produisent des fruits, des produits carnés, des produits laitiers ou certains types d’aliments. Il s’agit des produits que la majorité d’entre nous connaissons.

Mais il y a d’autres marchés au-delà des aliments. Les plantes cultivées peuvent être utilisées pour servir de composés à des fins de recherche médicale ou pharmaceutique, pour produire des carburants efficients et pour renforcer le béton. Les possibilités sont nombreuses et ne cessent de croître.

Les chercheurs du Collège d’agriculture de la Nouvelle-Ecosse (NSAC) ont reconnu cette tendance et ont entrepris d’explorer le potentiel en Nouvelle-Ecosse d’une quarantaine de variétés de plantes aromatiques et médicinales.

Les Etats-Unis et l’Europe représentent des marchés très lucratifs pour ces plantes cultivées. En effet, on les utilise dans ces pays comme source pour les huiles essentielles servant à ajouter de la saveur et de l’arôme aux aliments, aux liqueurs et aux tabacs, à ajouter du parfum aux produits cosmétiques, à masquer le goût de médicaments et à fabriquer des suppléments santé, des savons, des lotions et des produits d’aromathérapie. Des études récentes ont démontré que les huiles ont une valeur de 7,4 milliards de dollars (US) sur le marché des exportations mondiales.

Les agriculteurs de l’Europe alimentent ce marché depuis de nombreuses années, mais les chercheurs sont d’avis qu’il existe un créneau pour la Nouvelle-Ecosse.

« Il n’y a pas beaucoup de terres en Europe et les plantes sont souvent cultivées les unes près des autres, indique Monsieur Valtcho Jeliazkov (NSAC). Cela entraîne des maladies et des problèmes en ce qui a trait aux ravageurs; les producteurs doivent donc utiliser des produits chimiques. »

Les aromates et les plantes médicinales sont donc de nouvelles cultures dans la région du Canada Atlantique.

« Nous entamons ce processus avec une excellente base de connaissances reposant sur les expériences des agriculteurs des autres régions du monde », indique Charles Keddy, président d’Agri-Futures Nova Scotia, un organisme du secteur qui appuie actuellement les efforts de recherche. « Nous pouvons donc prendre des mesures pour éviter les problèmes potentiels avec les ravageurs et les maladies et ainsi cultiver ces plantes sans avoir recours à de grandes quantités de produits chimiques. »

Keddy ajoute que l’environnement est une priorité importante pour le secteur en Nouvelle-Ecosse et que de saines pratiques de régie peuvent créer de nouvelles possibilités. Il s’agit de l’un des grands principes sous-jacents au Cadre stratégique pour l’agriculture, une initiative fédérale-provinciale visant à faire du Canada le chef de file mondial en matière de recherche et d’innovation, de salubrité des aliments et d’environnement.

Les premiers essais indiquent que les aromates et les plantes médicinales peuvent être produits dans la région sans trop de pesticides. « Les consommateurs européens sont très préoccupés par l’environnement, indique Monsieur Jeliazkov. Je pense que le secteur peut vraiment utiliser à son avantage le fait que nous n’utilisons pas beaucoup de pesticides. »

Le défi pour l’étude consiste à trouver lesquelles parmi les plantes cultivées à l’essai donnent de bons résultats en Nouvelle-Ecosse, vont produire des composés bioactifs de haute qualité et comment mettre au point des plantes cultivées offrant la meilleure production d’huile essentielle.

Les plantes cultivées qui ont été récoltées dans les parcelles d’essais de Truro et Kentville font présentement l’objet d’évaluations en laboratoire sur la base de cette production. Le système pour extraire l’huile est relativement simple et Monsieur Jeliazkov fait remarquer qu’il pourrait facilement être reproduit sur une échelle commerciale dans la région du Canada Atlantique. Il ajoute que les installations sont relativement peu coûteuses et que cela donnerait au secteur un avantage d’importance.

« Il faut un sac à déchets plein de menthe poivrée ou de basilic pour produire une petite fiole d’huile, affirme M. Jeliazkov Si vous traitez ici-même les plantes cultivées, vous obtenez un produit à valeur élevée qui est beaucoup plus facile et beaucoup moins onéreux à expédier. »

Le système utilisé par les chercheurs pour analyser les huiles est beaucoup plus complexe. Il comprend un appareil informatisé qui se trouve à l’université Dalhousie et qui sert à analyser les composés présents dans l’échantillon et la proportion de chacun de ces composés.

Ces données constituent le principal indicateur de qualité. Par exemple, la menthe poivrée contient cinq composés principaux et 150 composés secondaires. Parmi eux, le menthol. Une teneur élevée en menthol équivaut à une huile à valeur élevée.

L’étude en est actuellement à sa deuxième année (sur un total de cinq) et les résultats sont encourageants. Au cours des trois prochaines saisons, les chercheurs vont continuer de peaufiner les données sur les techniques de production, les meilleurs emplacements et les calendriers pour la récolte et le semi. Ils devraient pouvoir présenter au secteur des recommandations dès 2003.

Dans l’intervalle, une étude menée à l’université Acadia en collaboration avec les chercheurs du NSAC vise à trouver la meilleure approche du point de vue commercialisation pour cette nouvelle possibilité.

Agri-Futures Nova Scotia est l’un des 14 conseils d’adaptation dirigés par le secteur au Canada qui distribuent des sommes provenant du Fonds canadien d’adaptation et de développement rural (FCADR) (60 millions de dollars) d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Mis sur pied en 1995, le FCADR vise à aider le secteur à s’adapter au contexte économique en rapide évolution et à saisir les nouvelles possibilités.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Nova Scotia Agricultural College
http://www.nsac.ns.ca/

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