Le temps presse pour les biocarburants canadiens

Ottawa (Ontario), mai 2006 – La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) exhorte les ministres des gouvernements fédéral et provinciaux du Canada à agir rapidement, eux qui s’apprêtent à se réunir à Regina pour discuter d’une stratégie canadienne sur les biocarburants. En effet, le Canada pourrait avoir moins de deux ans pour produire des résultats mesurables puisque, d’ici 18 mois, les États-Unis commenceront à bâtir des usines de production de biocarburants le long de la frontière canado américaine.

« Une industrie canadienne des biocarburants qui réaliserait son plein potentiel pourrait s’avérer fort profitable pour les agriculteurs et pour les revenus agricoles. Cependant, la conjoncture favorable sera de courte durée, a signalé le président de la FCA, Bob Friesen. Nous devons au moins commencer à préparer le terrain pour la construction des usines, avec des politiques et des mesures d’encouragement gouvernementales en place, avant que les États-Unis prennent leurs décisions d’investissement. Sinon, le Canada risque encore une fois de se voir relégué au rôle de fournisseur de matières premières pendant qu’un autre pays réalisera les profits associés au produit à valeur ajoutée. »

La FCA est encouragée de voir l’intérêt et l’appui qu’accorde le gouvernement fédéral à la question des biocarburants. Une industrie canadienne des biocarburants profiterait aux agriculteurs canadiens et à l’ensemble de la population en dotant le pays d’une nouvelle industrie vigoureuse, innovatrice et à valeur ajoutée, en créant des emplois et contribuant à l’économie dans les collectivités rurales, en élargissant l’assiette fiscale des régions, en réduisant les gaz à effet de serre du Canada de plusieurs millions de tonnes et en contribuant sensiblement à améliorer les revenus que les producteurs agricoles peuvent tirer du marché.

La FCA a présenté aux comités permanents de l’agriculture du Sénat et de la Chambre des communes une proposition de stratégie canadienne sur les combustibles renouvelables. Cette proposition préconise la mise en place d’une stratégie nationale avec la coopération de l’industrie et de tous les ordres de gouvernement. La FCA y recommande une stratégie de chaîne de valeur à l’américaine dont voici quelques éléments :

  • Une norme sur les combustibles renouvelables exigeant 5 % de bioéthanol et 5 % de biodiésel.
  • Le marketing direct des biocarburants auprès des consommateurs en partenariat avec les détaillants.
  • Des incitatifs fiscaux pour encourager l’investissement dans des installations de transformation.
  • L’établissement de normes de qualité rigoureuses pour les carburants, en partenariat avec les parties intéressées.
  • L’investissement de capitaux, des garanties d’emprunt et du soutien pour les coopératives, entre autres, afin d’encourager l’investissement et la l’acquisition d’un contrôle par les producteurs.
  • Des services d’aide aux entreprises et du soutien technique pour les producteurs.
  • Du soutien ciblé pour favoriser l’utilisation de charges d’alimentation canadiennes.
  • Des recherches ciblées sur les technologies de transformation et les nouvelles variétés adaptées à la production d’énergie.

« Le Canada pourrait devenir l’un des grands innovateurs de ce monde dans le domaine des biocarburants à valeur ajoutée. Toutefois, les États-Unis et l’Europe passent déjà à l’action, et agissent rapidement, a fait remarquer M. Friesen. Nous avons besoin maintenant d’une stratégie canadienne sur les biocarburants qui soit bien conçue afin de réaliser notre plein potentiel de production de biocarburants et d’optimiser les avantages que peuvent en tirer les producteurs. Le projet de stratégie nationale sur les combustibles renouvelables rallie les groupes de l’industrie agricole, et la FCA est déterminée à travailler de concert avec le gouvernement pour que cette stratégie voie le jour. »

On peut consulter la proposition de stratégie canadienne sur les combustibles renouvelables dans le site Web de la FCA.

Fondée en 1935 par les agriculteurs qui souhaitaient se doter d’un porte-parole unique à Ottawa, la Fédération canadienne de l’agriculture est l’organisme agricole le plus important au Canada. Au nombre de ses membres, l’on compte des organismes agricoles provinciaux dont le mandat est d’ordre général ainsi que des organismes nationaux et interprovinciaux qui représentent des producteurs de toutes les provinces. Par l’entremise de ses organismes membres, la FCA représente plus de 200 000 agriculteurs et familles agricoles.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

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