Le WWF crie haro sur les organismes génétiquement modifiés

Berne (Suisse), 23 janvier 2001 – Les organismes génétiquement modifiés (OGM) n’ont pas leur place sur le marché, a estimé le Fonds mondial pour la nature (WWF) en réclamant un moratoire sur l’utilisation du génie génétique dans l’agriculture suisse.

Les grands distributeurs ne veulent pas d’OGM dans leurs rayons et la majorité des Suisses n’en souhaite pas dans son assiette, a relevé le WWF lors de la présentation d’une brochure d’information sur les OGM.

« Dans l’intérêt de l’environnement, du peuple et de l’agriculture, un moratoire s’impose dès aujourd’hui », a déclaré Bernadette Oehen, responsable du projet protection génétique au WWF Suisse. Dans la perspective du débat parlementaire prévu au printemps prochain, l’association souhaite un renoncement provisoire au génie génétique dans l’agriculture suisse.

Elle demande aussi une déclaration complète pour tous les produits contenant des OGM. Selon le WWF, près de 75% des consommateurs suisses ne veulent pas d’OGM dans leur alimentation. Les grands distributeurs n’en désirent pas non plus dans leurs rayons et ont mis en place des filières séparées entraînant des coûts importants. Or, actuellement, « c’est encore à ceux qui s’opposent au génie génétique de casquer pour les frais qui en découlent », dénonce l’ONG.

Si le WWF se félicite que, grâce à la pression des consommateurs, la production suisse de denrées alimentaires évite le génie génétique, la législation actuelle est jugée encore lacunaire, notamment au sujet de la déclaration. Celle-ci n’est pas obligatoire, par exemple, pour les additifs alimentaires. Par ailleurs, elle n’est obligatoire que si la modification génétique est décelable lors des analyses. Enfin, elle n’est pas indispensable pour les emballages de viande et de produits laitiers issusec des fourrages contenant des OGM.

« La meilleure garantie d’avoir des produits sans OGM est la séparation des filières d’approvisionnement », a rappelé de son côté Françoise Michel, représentante de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Cette séparation a pu être obtenue, mais il s’agit de veiller à ce qu’elle persiste.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fonds mondial pour la nature (WWF)

http://www.wwfcanada.org/

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