Élections fédérales : un vent de changement en agriculture

Longueuil (Québec), 25 janvier 2006 – « Les résultats, particulièrement dans les milieux ruraux, nous envoient le signal clair d’une volonté de changement auquel semble répondre le nouveau gouvernement, disposé à faire les choses différemment. L’approche d’ouverture envers les provinces manifestée par le Parti conservateur pendant la campagne électorale a reçu un écho dans le monde agricole et on peut donc s’attendre de trouver à Ottawa de bons interlocuteurs sensibles aux préoccupations des agriculteurs. ».

C’est en ces termes que s’est exprimé le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, au lendemain des élections fédérales qui ont porté au pouvoir un gouvernement conservateur minoritaire.

« Comme je l’ai mentionné la semaine dernière lors de la présence des représentants des formations politiques fédérales devant le conseil général, l’UPA entend travailler indistinctement avec tous les élus qui auront à coeur de faire avancer les dossiers agricoles québécois », de poursuivre M. Pellerin, qui a tenu à féliciter les 75 députés fédéraux du Québec, réélus ou nouvellement élus.

Et ces dossiers sont de taille, à commencer par la crise qui perdure dans le secteur céréalier. L’UPA souhaite que soit respecté prioritairement l’engagement du Parti conservateur à verser rapidement l’aide d’urgence de 755 M $ aux producteurs canadiens de céréales durement éprouvés par l’effondrement des prix dans ce secteur et les subventions déloyales accordées par certains pays concurrents.

Du côté du commerce international, on a vu en décembre dernier lors du dernier sommet de l’OMC à Hong Kong, l’importance de soutenir une position canadienne solide à l’égard du maintien de nos outils de mise en marché collective comme la gestion de l’offre, qui a fait l’objet d’une motion unanime à la Chambre des communes l’automne dernier. Le monde agricole s’attend du nouveau gouvernement, non seulement qu’il respecte cet engagement, mais qu’il le défende vigoureusement et avec conviction au cours des prochains mois.

En outre, les agriculteurs et agricultrices du Québec sont particulièrement inquiets par rapport à l’éventualité que le nouveau gouvernement donne aux producteurs céréaliers de l’Ouest la liberté de décision au regard de la commercialisation et du transport de leurs produits ainsi que de leur participation aux organisations de producteurs, y voyant là un affaiblissement de la position canadienne dans ce marché et une certaine contradiction par rapport à la position du Parti conservateur à l’égard de la gestion de l’offre.

« Finalement, ce que les agriculteurs et agricultrices attendent à moyen terme, c’est que le gouvernement développe et mette en place une vision globale et structurante de l’agriculture, un genre de Farm Bill canadien qui devra offrir toute la flexibilité et la souplesse nécessaires, adapté aux différentes réalités des régions, dans le respect des compétences provinciales, et qui redonnera un véritable rapport de force aux producteurs et productrices agricoles dans le marché », de soutenir le président de l’UPA. « C’est pourtant ce que l’entente de Whitehorse prévoyait lors de l’adoption en 2003 du Cadre stratégique agricole. Souhaitons que le nouveau gouvernement, inspiré par une volonté de décentralisation, proposera les conditions nécessaires à l’amélioration de ce programme », de conclure M. Pellerin.

Soulignons que le Parti conservateur s’est engagé à allouer 500 M $ supplémentaires aux programmes de soutiens agricoles et à apporter des modifications substantielles au programme fédéral en agriculture (PCSRA) afin qu’il soit plus simple et mieux adapté aux besoins des agriculteurs.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Parti progressiste-conservateur (PC)
http://www.pcparty.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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