Les agriculteurs et les forestiers ont besoin d’aide pour s’adapter aux changements climatiques

Ottawa (Ontario), 4 mars 2003 – Comment le gouvernement fédéral pourrait–il le mieux aider les industries agricole et forestière – et les communautés qui en dépendent – à s’adapter aux changements climatiques? Voilà la question cruciale à laquelle le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts compte répondre dans son rapport, selon son président, le sénateur Donald Oliver.

« Nous avons reçu des témoignages d’agriculteurs et de travailleursforestiers de tout le pays, et tous se plaignent du changement du climat », adéclaré le sénateur Oliver au terme de la mission d’étude d’une semaine queson comité a faite dans l’Ouest après avoir passé des mois à entendre desexperts et des particuliers. « Qu’ils soient aux prises avec des sécheresses,des inondations, des tempêtes de grêle et de verglas, des feux de forêt deplus en plus nombreux et violents ou des invasions de dendroctones du pin oude sauterelles, il faut les doter des stratégies et des outils dont ils ontbesoin pour modifier leurs façons de faire et prospérer dans leurenvironnement malgré les changements qu’il subit. »

« Les agriculteurs, les forestiers et les communautés rurales ne sont pasles seuls à se ressentir des changements climatiques; leur incidence sur cesdeux importantes industries touche presque tous les Canadiens. Ainsi, àToronto, l’apport économique de l’agriculture est de quelque 1,3 milliard dedollars par année; le changement climatique influera sur cette activitééconomique. »

Les changements climatiques ne sont pas uniquement attribuables au« réchauffement de la planète », même si l’expression évoque maintenantl’ensemble des changements remarqués dans la température, l’importance desprécipitations, la configuration des vents, l’épaisseur de la neige accumuléeet de la banquise, la rapidité de la désertification ainsi que l’importance etla fréquence des inondations, pour ne citer que quelques–uns des effetssensibles du phénomène qui sont déjà ressentis au Canada et qui devraientaller en s’aggravant.

Selon les témoins, les changements climatiques pourraient augmenter lessuperficies cultivables et prolonger la saison de croissance, produire unaccroissement essentiel des précipitations et avoir d’autres effets bénéfiquessur l’agriculture et la sylviculture. Mais à d’autres endroits, ladésertification ou les inondations causées par une insuffisance ou un excès deprécipitations et d’autres incidences pourraient rendre impropres àl’agriculture, à l’élevage et à la sylviculture certaines régions du pays oùces activités sont actuellement pratiquées.

Des agriculteurs, des travailleurs forestiers, des fonctionnairesmunicipaux, des scientifiques, des exploitants d’entreprises touristiques, desuniversitaires et d’autres ont parlé au Comité de leur expérience personnelledes changements climatiques, des solutions qu’ils ont trouvées aux problèmesqui en découlent et du profit qu’ils tirent des conditions nouvelles créées.

Les témoins ont parlé au Comité de nouvelles façons de procéder, detechnologies et de projets de recherche qui facilitent l’adaptation, notamment

  • la culture sans labours – les agriculteurs de l’Ouest adoptent ou emploient plus intensément certaines pratiques – comme ne pas labourerleurs sols – afin de protéger la couche arable pendant les sécheresses et réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère;
  • l’irrigation – certaines communautés étendent leur réseau d’aqueduc au–delà des limites de leur municipalité pour aider les exploitations agricoles situées dans leur voisinage immédiat et fournir aux agriculteurs une autre source d’eau pour irriguer leurs terres;
  • les semences xérophiles – on met au point de nouvelles variétés de plantes capables de pousser dans des environnements plus secs;
  • des plantes différentes – les agriculteurs et les compagnies forestières plantent des cultures et des essences non traditionnelles qui résistent mieux aux conditions actuelles ou prévues;
  • le méthane comme carburant – pour fabriquer de l’électricité et faire fonctionner les véhicules, on développe des moteurs consommant le méthane issu de la fermentation de déchets d’origine végétale et animale, et des prototypes sont déjà en utilisation;
  • la lutte contre les feux de forêts – un certain nombre de municipalités s’efforcent de produire des lignes directrices permettant de prévenir les feux de forêts ou de limiter leurs ravages, et
  • l’entomologie – on fait des recherches sur les espèces d’insectes inconnues chez nous dont les changements climatiques pourraient entraîner la migration dans les forêts et les terres arables du Canada.

« Il importe qu’agriculteurs, sociétés forestières et municipalitésrurales fassent part aux particuliers et groupes d’autres régions du pays quise trouvent dans la même situation qu’eux des moyens de s’adapter auxchangements climatiques qui sont ou ne sont pas efficaces pour eux », a dit lesénateur Jack Wiebe, vice–président du Comité. « Le Comité examine diversmoyens d’aider ces Canadiens à se communiquer les méthodes qui donnent lesmeilleurs résultats. »

« Il faut aussi que les Canadiens disposent de meilleurs moyens de prévoirles effets que les changements climatiques auront sur leur région à court,moyen et long terme. »

Les membres du Comité sénatorial ont également reçu des témoignages ausujet de questions en rapport avec le climat, comme les puits de carbone etd’autres mesures de réduction.

Le Comité compte faire d’autres recherches sur les incidences deschangements climatiques sur les communautés rurales.

Il prévoit publier son rapport sur les effets des changements climatiquessur l’agriculture, l’industrie forestière et les communautés rurales d’ici au30 juin 2003.

Le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts est composédes sénateurs Donald Oliver (président), Jack Wiebe (vice–président), ThelmaChalifoux, Joseph Day, Joyce Fairbairn, Leonard Gustafson, Elizabeth Hubley,Laurier LaPierre, Marjory LeBreton, Pierrette Ringuette–Maltais et DavidTkachuk.

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