Les cinq tendances économiques de l’agriculture en 2016

Le dollar canadien n’en finit plus de reculer sur les marchés des devises étrangères, en tandem avec le baril de pétrole qui a atteint mardi son niveau les plus bas depuis 2004 à près de 30 $US le baril. Les cours du pétrole ont perdu plus de 30% en 2015 et plus de 15% supplémentaires depuis le début de l’année. Certains analystes envisagent même un baril à 20 $US dans les prochains mois. Le dollar canadien reculait mardi sous la barre des  70 cents US à…69,91$US.

Mis à part cette tendance lourde, Financement agricole Canada a débuté l’année en énumérant cinq autres tendances à surveiller pour 2016.

1. Faible risque d’une hausse des taux d’intérêt
Comme mentionné plus haut, la baisse du prix du pétrole mettra sous pression l’économie canadienne. Il y a donc peu de chances d’assister à une hausse des taux d’intérêt au Canada cette année, contrairement à ce qui risque de se passer aux États-Unis. Malgré tout, la demande pour les produits de base demeurera, en particulier de la part de la Chine et l’Inde.

2. Plus de stock = baisse de la rentabilité

L’offre mondiale abondante de céréales fera diminuer les prix de l’ensemble des produits agricoles de base, mais la faiblesse du dollar canadien rendra les produits d’ici plus attirants sur les marchés mondiaux. Pour les céréales, cela signifie une pression à la baisse sur les prix. Et si les marges devraient demeurer positives, elles seront toutefois sensibles aux fluctuations du dollar canadien. Pour le bétail, les coûts plus faibles d’alimentation donneront un coup de pouce. Une baisse du prix du bœuf est tout de même prévu alors que les producteurs de porc devraient afficher des profits similaires grâce aux ventes en Chine. La profitabilité du secteur laitier sera toutefois affectée par l’importation d’ingrédients laitiers et la faiblesse des prix mondiaux des produits laitiers, surtout dans l’est du Canada où le secteur est davantage axé sur le marché industriel du lait.

3. Ralentissement de l’endettement agricole
Avec des prix moins élevés pour leurs produits, les investissements devraient diminuer en 2016, que ce soit pour l’achat de terres agricoles ou de l’équipement.

4. El Nino devrait brouiller les cartes quant au rendement des prochaines récoltes. Il faudra surveiller les conditions météo en Ukraine et en Russie, mais également au Brésil et en Argentine.

5. Les demandes des consommateurs
Selon FAC, ” le Canada a traditionnellement prospéré en produisant des produits agricoles de base, mais cela ne sera peut-être plus suffisant pour les raisons suivantes : la demande mondiale croissance de protéines animales et de produits transformés; la recherche de solutions aux préoccupations croissantes du public concernant l’agriculture moderne et un marché intérieur mature “.

À surveiller aussi:
• La ratification et la mise en œuvre d’accords commerciaux comme l’Accord économique et commercial global Canada et Union Européenne (AECG) et le Partenariat transpacifique (PTP).
• La pénurie de main-d’œuvre agricole ainsi que la hausse des salaires agricoles associée.
• Les fluctuations des prix des engrais.

Source: Financement agricole Canada

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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