Les cultures de couverture ensemencées en automne préviennent le lessivage du nitrate

Ottawa (Ontario), mars 2003 – L’engrais est à la fois bon et mauvais pour la production des pommes de terre. Bien entendu, il est essentiel à la croissance des tubercules, mais qu’arrive-t-il aux quantités d’engrais résiduelles ?

La pomme de terre n’absorbe pas tout l’azote que contient l’engrais appliqué chaque saison. Selon la variété de pomme de terre et le moment de la récolte, les résidus de nitrate provenant de l’engrais qui restent dans le sol après la récolte peuvent s’infiltrer dans la nappe phréatique.

Au cours des quinze années dernières, les chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à l’Île-du-Prince-Édouard ont exécuté un certain nombre de projets visant à déterminer les meilleurs moyens d’empêcher les nitrates d’atteindre la nappe phréatique.

Au nord de Charlottetown, à la Ferme de recherche de Harrington, une équipe de chercheurs d’AAC du Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux a entrepris des études visant à suivre la trace des nitrates dans le sol et à observer les effets de ces substances sur l’eau. Les parcelles aménagées pour la vérification de la qualité de l’eau sont contrôlées tous les jours de l’année permettant ainsi de suivre le mouvement de l’azote dans le sol, et de mettre à l’essai diverses idées.

Les chercheurs d’AAC à l’Île-du-Prince-Édouard ont constaté que lorsqu’une autre culture est ensemencée dans le champ où l’on a récolté des pommes de terre, cette culture utilise le nitrate résiduel laissé dans le sol par la culture précédente.

Ce phénomène est particulièrement respectueux de l’environnement dans les champs où, la récolte ayant été hâtive, des quantités importantes d’azote résiduel issu de l’engrais sont restées dans le sol.

Deux chercheurs d’AAC, MM. John MacLeod et Brian Sanderson, ont fait des essais en champ pendant une période de trois ans pour évaluer la capacité des récoltes ensemencées à l’automne de tirer du sol le nitrate résiduel laissé par la récolte précédente. Pour établir la quantité de nitrate dans le sol après la récolte et jauger la profondeur du résidu, les parcelles de cultures de pommes de terre sont soumises à une fertilisation normale ou une fertilisation normale plus l’ajout de 50 kg N par hectare à la fin de juin.

« Il s’est avéré que toutes les cultures secondaires étudiées ont contribué à la réduction du nitrate résiduel dans le sol, a affirmé le Dr MacLeod. Cependant, les radis oléifères se sont révélés les plus efficaces. »

« Le seigle d’automne est presqu’aussi efficace pour absorber l’azote, a fait savoir le Dr Sanderson. En effet, il a contribué à maintenir des niveaux de nitrate moins élevés dans la couche arable jusqu’au printemps suivant et il y avait moins de nitrate dans les couches de sol profondes où les cultures de couverture avaient été ensemencées, comparativement au sol laissé en jachère après la récolte de pommes de terre. »

Le canola, le blé d’hiver, le ray-grass et l’avoine ont contribué à éliminer le nitrate du sol et à réduire les risques de ruissellement du nitrate, bien qu’à un degré moindre que les radis oléifères ou le seigle d’automne.

Les chercheurs ont conclu que les cultures de couverture sont un outil de gestion utile aidant à diminuer les possibilités de lessivage du nitrate après la récolte d’une variété hâtive de pommes de terre.

À titre de diffuseur de savoir scientifique, le Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux d’AAC élabore et transfère des technologies novatrices en matière de systèmes intégrés de culture et d’élevage, tout en améliorant et en protégeant l’environnement.

Les agriculteurs de l’Île accentuent l’apport de l’agriculture à la protection de l’environnement par les efforts qu’ils déploient pour améliorer la qualité du sol, de l’air et de l’eau et des habitats fauniques. Le volet environnement du Cadre stratégique pour l’agriculture donnera aux agriculteurs l’occasion de devenir de meilleurs protecteurs de l’environnement.

La Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, coïncide avec les célébrations qui proclament 2003 l’Année internationale de l’eau fraîche. Le thème de cette année, « L’eau pour l’avenir », rappelle à chacun de faire une utilisation judicieuse de l’eau par considération pour les générations futures.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux
http://res2.agr.ca/charlottetown/

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