Les départs s’intensifient dans les régions éloignées

Québec (Québec), 18 janvier 2003 – Les mouvements migratoires entre les régions se sont intensifiés pendant la dernière décennie. La migration interrégionale est d’abord l’affaire des jeunes adultes qui s’installent dans les centres urbains et leurs banlieues. L’attrait de Montréal entre 1996 et
2001, chez les 20-29 ans, est si marqué qu’il compense presque les pertes
nettes que cette région enregistre dans tous les autres groupes d’âge. Les

grandes perdantes de ces échanges sont les régions les plus éloignées, soit le
Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, la
Côte-Nord, le Nord-du-Québec et la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine. Dans ces
régions, les départs se sont accrus chez les jeunes et ils s’étendent aussi à
d’autres groupes d’âge. A l’inverse, les régions adjacentes à la région de
Montréal sont les plus favorisées, tout particulièrement les Laurentides.
C’est ce qu’indique la dernière édition de ‘La situation démographique au
Québec’ de l’Institut de la statistique du Québec qui, par sa loi
constitutive, est tenu « d’établir et de tenir à jour le bilan démographique du
Québec ». Le rapport est consultable en format PDF sur le site Web de
l’Institut de la statistique et il sera en librairie au début de janvier.

Le nombre de naissances estimé pour 2001 est de 73 500, ce qui représente
une augmentation de 2,2 % en comparaison des 71 900 naissances de 2000, mais
il est sensiblement le même qu’en 1999, soit 73 600. Il faut retourner aux
années 1900 pour observer un nombre de naissances aussi faible. A cette
époque, la population n’était que de 1,9 million de personnes comparativement
à 7,5 millions aujourd’hui. Les générations les plus nombreuses du baby-boom
sont nées en 1957, en 1958 et en 1959; on compte alors 144 000 naissances par
année. C’est presque le double des naissances estimées pour 2001.

L’indice de fécondité – ou le nombre moyen d’enfants par femme – est de
1,5 en 2001; il atteignait 1,7 en 1991 et en 1992, après avoir chuté à 1,4
seulement de 1983 à 1988. Il faut 2,1 enfants pour assurer le remplacement des
générations; la fécondité québécoise est sous ce seuil depuis le début des

années 1970. La faible fécondité du Québec des dernières années n’a cependant
rien d’exceptionnel : de nombreux Etats connaissent la même situation.
L’Italie et l’Espagne, par exemple, ont un indice de 1,2 enfant par femme et
quatre provinces canadiennes ont une fécondité plus faible, notamment Terre-
Neuve où il n’est que de 1,3 enfant par femme.

Ce sont les régions de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine, de la Capitale-
Nationale et de la Mauricie qui connaissent la fécondité la plus faible avec
1,2 ou 1,3 enfant par femme, tandis que le Nord-du-Québec affiche la plus
élevée avec un indice de 2,5 enfants par femme.

L’espérance de vie des hommes est de 76,0 ans pour la période 1999-2001
et celle des femmes, de 81,8 ans, en regard de 73,7 et 80,4 ans respectivement
au début de la décennie. Comparativement aux autres Etats, l’espérance de vie
des femmes fait assez bonne figure, mais celle des hommes paraît encore
faible, même si elle est supérieure à celle des Etats-Unis et de la France.

La mortalité infantile ou la probabilité pour les bébés de décéder avant
leur premier anniversaire n’est que de 4,4 pour mille en 2001. C’est un taux
très faible, mais une quinzaine d’Etats ont maintenant des taux inférieurs à 5
pour mille.

La population du Québec atteint 7,5 millions de personnes en juillet
2002. Sa croissance pendant l’année 2001 est de 0,5 %. Ce taux est un peu plus
élevé que celui des dernières années; par exemple, en 1998, il était de 0,3 %.
Une migration nette plus favorable (15 100 au lieu de 1 400) explique ce taux
d’accroissement à la hausse, puisque l’accroissement naturel est moindre (19
500 au lieu de 21 700). La migration nette correspond au solde des entrées et
des sorties internationales et interprovinciales, et l’accroissement naturel
représente le nombre de naissances moins le nombre de décès.

Le nombre de mariages, qui avait augmenté de 9 % en 2000 pour atteindre
24 900, diminue de 12 % en 2001, soit jusqu’à 22 000. Notons cependant que
l’augmentation de 2000 était peut-être due à l’attraction de la première année
du nouveau millénaire. Selon les taux de nuptialité des célibataires des
dernières années, environ le tiers seulement des hommes et des femmes se
marieraient, soit une des proportions les plus faibles du monde.

Les jeunes parents vivent majoritairement en union libre, si bien que les
statistiques relatives aux mariages et à l’état matrimonial légal ne sont plus
représentatives de la vie de couple. La proportion de naissances issues de
parents non mariés continue d’augmenter et elle atteint 58 % en 2001. Les
régions de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine (82 %) et de la Côte-Nord (79 %)
connaissent les proportions les plus élevées en 2001 et Montréal, la plus
faible, avec 39 % de naissances hors mariage. L’Islande, avec 62 % des
naissances hors mariage, est le pays qui présente la plus forte proportion; la
Suède affiche un niveau semblable à celui du Québec (55 %), mais certains pays
enregistrent des taux très faibles: 11 % en Suisse et 4 % en Grèce, par
exemple.

Données sur Internet

Le rapport et les tableaux sont consultables sur le site Web de l’Institut de la statistique du Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut de la statistique du Québec

http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/agricult/index.htm

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