Les intempéries en Europe affectent tourisme et agriculture

Paris (France), 12 août 2002 – Les intempéries qui déferlent sur l’Europe cet été affectent les déplacements touristiques, sans préjuger d’une saison catastrophique, et inquiètent certaines régions agricoles.

Le soleil s’est montré globalement discret en Europe en juillet, tandis que plusieurs pays subissent en ce début de mois d’août de graves intempéries, comme la Grande-Bretagne, l’Autriche et l’Allemagne, où des routes ont été emportées.

Des pluies diluviennes se sont également abattues sur le nord de l’Italie, perturbant le départ de millions d’automobilistes en fin de semaine dernière. Elles ont découragé les voyageurs de dernière minute, mais sans doute pas les touristes ayant réservé.

Des sites prestigieux comme Capri (-10% de fréquentation en juillet) ou Amalfi (recul de 2 à 5%), ont encore des disponibilités au mois d’août, période habituellement prise d’assaut. Dans les villes d’art, comme Florence, seulement 8% des hôtels affichent complet.

La France, première destination touristique mondiale, n’a pas encore dressé de bilan, mais le secrétaire d’Etat au Tourisme Léon Bertrand estime que la mauvaise météo en juillet a « conforté les étrangers comme les Français dans leur préférence pour août ».

L’afflux d’adeptes du camping-caravaning –la France avec 11.000 campings abrite la moitié du parc européen– a été égal ou inférieur à l’an dernier en juillet, soit « plutôt médiocre », juge Guylhem Féraud, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air. Sans surprise, en cas de mauvais temps, les vacanciers partent très vite vers d’autres cieux, avec tente ou caravane.

La Suisse ne connaît pas de baisse sensible des réservations, estime Laurence Gabriel, porte-parole de l’organisation nationale « Suisse Tourisme ». Dans les montagnes autour du lac Léman, la fréquentation est légèrement plus faible et certains estivants raccourcissent leur séjour.

Côté Allemands, champions européens du tourisme à l’étranger, les voyagistes n’enregistrent pas d’annulations. En revanche, le mauvais temps a une nette influence sur ceux qui préparent leurs vacances ou partent en excursion, souligne une porte-parole de la Fédération allemande du tourisme.

Dans le monde agricole, certains commencent à dresser des bilans. La Confédération italienne des agriculteurs estime que les dommages subis par le secteur, entre la sécheresse et les inondations, pourraient être « supérieurs à 3,7 milliards d’euros ».

En Allemagne, les céréales gorgées d’eau ne peuvent pas être récoltées dans la moitié des cas en Hesse (ouest) ou en Bavière (sud), selon les Fédérations d’agriculteurs. « Chaque jour, la situation devient plus dramatique », commente Georg Wimmer, porte-parole de la Fédération agricole bavaroise. Outre les inondations, le vent et la pluie couchent les blés, ce qui rend leur récolte plus difficile. Beaucoup de fruits (cerises, quetsches, myrtilles) ont en outre été abîmés.

Dans le centre de la France et l’ouest du pays, le mauvais temps a parfois empêché de moissonner, mais la récolte de céréales qui se termine s’avère de bonne qualité, précise Pascal Coste, secrétaire général adjoint de la FNSEA (syndicat majoritaire agricole).

Les intempéries préoccupent le secteur des fruits et légumes: la maturité et donc la commercialisation est retardée, tandis que les consommateurs mangent moins de fruits. Mais que les amateurs de vin se rassurent, si le soleil revient, la qualité du raisin français devrait être au rendez-vous.

Source : AFP

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