Les éleveurs craignent une baisse des exportations bovines

Winnipeg (Manitoba), 8 janvier 2004 – Les agriculteurs canadiens craignent que les frontières restent fermées pour longtemps à leurs exportations de bovins après la découverte d’un cas d’encéphalite spongiforme bovine (ESB) en décembre aux États-Unis chez une vache née au Canada.

Déjà atteints par une série d’interdictions commerciales consécutives à la découverte d’une vache contaminée dans l’Alberta le 20 mai dernier, les agriculteurs espéraient que le pire était passé.

Mais cet optimisme s’est évaporé après l’annonce mardi de tests génétiques montrant que la vache laitière malade aux États-Unis avait bel et bien été importée d’une ferme albertaine.

« En ce moment, nous vivons à l’aide de cartes de crédit », a dit Shaun Thomson, qui cultive à Nokomis, en Saskatchewan. « Nous sommes complètement terrifiés de dépenser de l’argent. »

L’industrie canadienne du boeuf, qui compte sur l’exportation de près de 60% de ses bovins, a perdu environ 3,3 milliards$ au cours des premiers six mois de l’embargo.

Le Canada a débuté ses livraisons de morceaux de jeunes boeufs désossés aux États-Unis en septembre, et prévoit être capable de livrer davantage de morceaux, de même que de jeunes bovins vivants, au début de 2004.

Mais les responsables américains sont restés évasifs sur comment ils procéderont avec la réglementation en vue d’optimiser les échanges commerciaux, disant seulement qu’ils ont besoin d’attendre jusqu’à ce que leur enquête sur la maladie soit complétée.

« Regardons les choses en face: cela offre une autre excuse, une autre raison pour un délai, un délai, un délai », a dit un économiste du secteur agricole Ken Rosaasen de l’Université de la Saskatchewan.

À moins que les exportations ne se développent, les agriculteurs canadiens seront contraints de quitter le marché du boeuf, a dit Rusty Stalwick, gérant d’une importante maison de ventes aux enchères Nilsson Bros. Livestock Exchange à Vermilion, en Alberta.

« Si les choses se poursuivent au rythme actuel, l’industrie alimentaire du Canada comme nous le savons sera dévastée au point où la plupart seront fauchés », a dit Stalwick, notant que les prix des bovins ont récemment reculé de 15% à 20%.

Les politiciens canadiens et les responsables de l’industrie ont précisé que le deuxième cas de la maladie ne change pas le statut sanitaire du Canada, et ne devrait pas gêner les efforts en vue de lever l’embargo. Les marchés asiatiques devraient être ouverts au boeuf canadien, a affirmé mercredi le premier ministre Paul Martin.

Le ministre de l’Agriculture Bob Speller ira en Asie la semaine prochaine pour une rencontre diplomatique avec ses homologues nippons, sud-coréens et mexicains afin d’exhorter les acheteurs à reprendre le commerce du boeuf canadien, avant de rencontrer son homologue américaine Ann Veneman le 16 janvier pour la même raison.

Selon Bob Speller, il ne serait pas surprenant que le boeuf canadien devienne une question électorale aux États-Unis cette année.

« Je trouve cela très difficile que quiconque dans n’importe quel pays fasse de la politique avec la nourriture que les gens mangent », a conclu Bob Speller.

Source : Reuters

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Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

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