Les maladies d’entrepôt des pommes de terre

Longueuil (Québec), 15 février 2002 – Les producteurs de pommes de terre qui n’ont pas visité régulièrement leurs entrepôts cet hiver se réservent peut-être de mauvaises surprises. Une odeur d’ammoniac, des murs et un plafond qui ruissellent… voilà peut-être le signe que les maladies d’entrepôt ont déjà commencé leurs dégâts dans les tubercules. Et qui dit maladies d’entrepôt, dit également diminution de la qualité des pommes de terre et, par le fait même, réduction du rendement commercialisable et des revenus. Par chance, les producteurs peuvent encore agir pour limiter les dommages.

La plupart des maladies d’entrepôt originent du champ, mais détériorent la qualité des pommes de terre lors de l’entreposage. Au Québec, les maladies à surveiller de près sont la pourriture sèche fusarienne, la pourriture rose, la tache argentée, la pourriture aqueuse et le mildiou. D’où l’importance pour les producteurs de visiter leurs entrepôts durant la saison hivernale pour y déceler les tubercules affectés et les éliminer du lot afin d’éviter la propagation de ces maladies. « Le pourcentage de pertes dû aux maladies d’entrepôt varie en fonction de chaque saison. Mais si on fait une moyenne sur cinq ans, les producteurs du Québec perdent au moins 15 % de leur production de pommes de terre chaque année à cause des maladies d’entrepôt et des autres détériorations comme les blessures mécaniques ou les problèmes physiologiques », indique Marcel Michaud, agronome, spécialiste en culture des pommes de terre.

« Comme le marché de la table est le plus important au Québec et que les consommateurs sont de plus en plus exigeants quant à l’apparence des pommes de terre qu’ils achètent, les producteurs devraient porter une attention toute particulière au contrôle des maladies d’entrepôt et prendre les mesures pour les prévenir », ajoute M Michaud

Agir dès maintenant

Les producteurs de pommes de terre doivent d’abord être en mesure de reconnaître les signes qui dénotent la présence des maladies d’entrepôt : une odeur d’ammoniac annonce la pourriture rose, une dépression sur le dessus d’une cellule de pommes de terre révèle la présence de pourriture au centre de la pile, des murs et un plafond anormalement humides peuvent aussi être le signe d’une maladie.

Une fois que le producteur a constaté la présence de maladies, il doit séparer les tubercules contaminés du reste des tubercules pour éviter la propagation des maladies et procéder à la mise en marché des tubercules sains sans tarder. De plus, pour éviter toute contamination, il est recommandé de nettoyer et de désinfecter la cellule contaminée

Une analyse des pommes de terre affectées permettra de connaître la cause de l’infection et de pouvoir ainsi prendre les mesures correctrices au champ, à la récolte ou dans l’entrepôt. « Le mildiou, la pourriture rose, la pourriture aqueuse et la pourriture sèche fusarienne peuvent être prévenues et contrôlées par une bonne régie préventive », indique M. Michaud. Pour identifier l’agent causal, on peut envoyer un échantillon au Laboratoire de diagnostic en phytologie du MAPAQ situé au 2700, rue Einstein, local D.1.200.H, à Sainte-Foy, G1P 3W8 (418 643-5027) Des frais s’appliquent.

Mieux vaut prévenir

Il est possible de réduire sensiblement les pertes en entrepôt en adoptant un programme de gestion intégrée qui débute par une régie préventive aux champs, et qui se poursuit à toutes les étapes de la production.

De façon générale, deux lignes directrices devraient guider le producteur à chacune des étapes. D’une part, comme les organismes responsables des maladies d’entrepôt sont présents dans le sol ou sur les semences, il importe de prendre toutes les précautions requises pour éviter la contamination des tubercules, en évitant par exemple les blessures qui sont les portes d’entrée des maladies. D’autre part, l’humidité ayant un grand rôle à jouer dans le développement de ces maladies, les producteurs doivent utiliser des techniques de régie qui assurent un meilleur contrôle de l’humidité

À ces deux éléments clés, s’ajoute une série de mesures qui contribuent à prévenir les pourritures d’entrepôt, telles la rotation des sols, l’utilisation de semences certifiées, le traitement des tubercules de semence tranchés et l’utilisation d’un fongicide systémique quand les conditions météorologiques favorisent le développement de maladies fongiques dans la culture.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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