Les ONG refusent de participer aux consultations bidons sur les OGM

Montréal (Québec), 10 avril 2001 ­ Un grand nombre d’organisations de la société civile refuse de participer à ce qu’elles qualifient d’un processus consultatif qui comporte « des lacunes fondamentales », en l’occurrence le processus mis en place par le secrétariat du Comité consultatif canadien de la biotechnologie (CCCB). Les organisations de la société civile croient que la politique gouvernementale doit être établie par voie de législation parlementaire et non à la suite de discussions tenues à huis clos entre les membres du Cabinet.

« Ces consultations sont un piètre substitut de la démocratie, surtout lorsqu’il est question d’un sujet aussi important que les
OGM », déclare Éric Darier, responsable de campagne à Greenpeace. « Il revient au Parlement de débattre cette question. Le gouvernement doit instituer des audiences parlementaires et imposer un moratoire sur la commercialisation de tout nouveau OGM d’ici à ce que les audiences aient été tenues », ajoute Éric Darier.

Le CCCB, une organisation peu connue, a entrepris une tournée pancanadienne, prétendument pour entamer des discussions sur les OGM avec les citoyens. La mission du CCCB, un comité mis sur pied par les sept ministres actuellement chargés de la coordination des questions de biotechnologie, est « d’aider le gouvernement du Canada à établir sa politique gouvernementale en matière de biotechnologie ». Toutefois, son impartialité est mise en doute, puisque le CCCB est hébergé dans les bureaux du Secrétariat canadien de la biotechnologie d’Industrie Canada, un organisme dont le mandat est de promouvoir la biotechnologie.

Jusqu’à maintenant, un cinquantaine des groupes ont signé une lettre pour faire connaître au gouvernement leur intention de ne pas participer aux consultations du CCCB, car elles croient de ces dernières risquent «de légitimer le mandat et le processus tout à fait inadéquats du CCCB et de miner les demandes pour des processus réellement démocratiques et l’élargissement des consultations publiques». La pétition circule actuellement partout au Canada. Ces préoccupations figureront dans un mémoire écrit, déposé au CCCB.

Les signataires craignent que les OGM aient été commercialisés sans une évaluation préalable adéquate des risques qu’ils comportaient pour la santé humaine, environnementale, sociale et économique de ce pays. Les signataire déplorent que ces préoccupations ne sont reflétées ni dans la Stratégie canadienne en matière de biotechnologie ni dans la structure du CCCB. « La Stratégie canadienne en matière de biotechnologie, un document qui penche évidemment en faveur de l’industrie, ne reflète aucunement les préoccupations fondamentales des Canadiens. Par ailleurs, ces préoccupations ne sont pas non plus reflétées dans la composition du comité consultatif du CCCB. Presque toutes les personnes proposées par les ONG ont été rejetées », affirme Nadège Adam, militante pour la protection de la santé publique du Conseil des Canadiens.

« Puisque ce gouvernement refuse de dire s’il accepte les recommandations de la Société royale du Canada, il est peu probable qu’il porte beaucoup d’attention aux nôtres », selon Eric Darier.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Comité consultatif canadien de la biotechnologie (CCCB)

http://cbac.gc.ca/

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

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