Les organismes agricoles rencontrent les responsables de l’OMC à Genève

Ottawa (Ontario), 23 mars 2006 – Les dirigeants des producteurs de lait, d’oeufs et de volaille du Canada se sont joints ce matin à ceux de nombreux organismes agricoles représentant des centaines de millions d’agriculteurs de 52 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Europe, pour rencontrer le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, et le président du Comité de l’agriculture de l’OMC, Crawford Falconer, à Genève. Ces représentants ontprésenté une déclaration conjointe aux responsables de l’OMC.

En signant la Déclaration, les producteurs canadiens de lait, de volailleet d’oeufs se sont unis à des millions d’agriculteurs qui partagent les mêmesobjectifs : un résultat à l’OMC qui permettra aux agriculteurs de nourrir lapopulation de leurs pays respectifs et d’en tirer leur subsistance. Lesagriculteurs craignent que la tournure que prennent les négociations à l’OMCn’avantagera que les entreprises agroalimentaires, et pas les agriculteurs.

« Les agriculteurs canadiens ne sont pas seuls dans ces négociations », adit Jacques Laforge, président des Producteurs laitiers du Canada à Genève.« Des centaines de millions d’agriculteurs réclament assez de souplesse dans letraitement des produits sensibles pour protéger leur souverainetéalimentaire. »

« Soixante-dix pour cent des revenus de l’agriculture et del’agroalimentaire du Canada proviennent du marché intérieur canadien », a ditpour sa part Gordon Hunter, vice-président de l’Office canadien decommercialisation des oeufs, qui était aussi à Genève pour rencontrer lesresponsables et les ambassadeurs à l’OMC. « Nous reconnaissons l’importancecruciale des consommateurs canadiens pour l’agriculture canadienne. Lesdirigeants agricoles des autres pays qui nous accompagnent aujourd’huisoulignent aussi l’importance que revêt pour eux leur marché intérieur. Dansle monde entier, seulement 10 % des aliments sont exportés, tandis que 90 %sont vendus dans la région où ils sont produits. »

Le Canada négocie actuellement avec ses partenaires commerciaux letraitement d’une catégorie des « produits sensibles » à l’OMC. Les produits dulait, des oeufs et de la volaille entreront dans cette catégorie. Pour quecela se révèle viable, il faut que les résultats des négociations donnentsuffisamment de souplesse dans cette catégorie pour permettre au Canada demaintenir les tarifs hors contingent qui permettent actuellement auxagriculteurs de prédire les niveaux d’importations.

« Pour permettre à nos secteurs de croître, il faut plafonner lesimportations, et cela doit se faire efficacement dans le cadre de l’accord surles produits sensibles. A l’heure actuelle, la production de lait, de volailleet d’oeufs n’est pas subventionnée au Canada. Ces secteurs peuvent prospérersans compter sur les subventions gouvernementales », a dit Yves Baril,représentant des Producteurs de poulet du Canada.

« Les produits sensibles », c’est pour la gestion de l’offre. Lesagriculteurs canadiens ne sont pas seuls dans ces négociations. Les dirigeantsagricoles ont souligné qu’il est temps d’écouter la voix de la majorité desagriculteurs du monde, plutôt que de négocier un accord qui correspond auxintérêts de quelques grands pays exportateurs en agriculture et desmultinationales, au détriment des collectivités rurales du monde.

Aujourd’hui, les dirigeants agricoles rencontrent également DonStephenson, ambassadeur du Canada à l’OMC, Carlo Trojan, représentantpermanent de la Commission européenne à Genève, Ichiro Fujisaki, ambassadeurde la Mission japonaise à Genève, Hyuck Choi, ambassadeur de la Corée à l’OMCet Gusmardi Bustami, ambassadeur de l’Indonésie à l’OMC.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Les Producteurs de poulet du Canada (PPC)
http://www.poulet.ca

Les Producteurs laitiers du Canada
http://www.producteurslaitiers.org

Office canadien de commercialisation des oeufs
http://www.canadaegg.ca

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