Les pays riches prêts à couper les « vivres » à leurs agriculteurs

Ukunda (Kenya), 4 mars 2005 – Les ministres du Commerce de 33 pays ont promis d’élaborer d’ici le mois de juillet un plan de diminution des subventions agricoles dans les pays riches. L’annonce en a été faite vendredi en marge d’une réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au Kenya.

Les pays pauvres demandent depuis longtemps que les pays développés réduisent les subventions versées à leurs agriculteurs. Selon eux, ces aides faussent la concurrence dans un domaine, l’agriculture, qui constitue leur principale source de revenus. Cette exigence avait conduit à l’échec des dernières négociations sur la libéralisation du commerce mondial.

Le plan devrait être encore plus précis avant la prochaine rencontre ministérielle de l’OMC prévue en décembre à Hong Kong, a déclaré vendredi à la presse le ministre kenyan du Commerce Mukhisa Kituyi à l’issue de cette réunion préparatoire. « Nous sommes déterminés à mettre en place des modalités complètes et équilibrées pour l’agriculture d’ici la conférence ministérielle de Hong Kong », a-t-il affirmé.

Les Etats-Unis insistent cependant pour que les négociations sur les subventions agricoles aillent de paire avec les discussions sur la baisse des taxes à l’importation sur les produits manufacturés et l’ouverture à la concurrence des marchés des communications et des services financiers. Ces deux points bénéficieraient davantage aux pays du Nord qu’à ceux du Sud.

Le Brésil et l’Australie ont une approche différente. Pour eux, les négociations agricoles doivent ouvrir la voie à des discussions sur les droits à l’importation et la concurrence dans le secteur tertiaire, celui des services.

Les commissaires européens Peter Mandelson (Commerce) et Mariann Fischer-Boel (Agriculture) estiment que la conférence au Kenya a fait avancer les négociations en cours. « Il y a un consensus grandissant parmi les participants quant aux principes qui doivent sous-tendre les (négociations actuelles) sur les tarifs douaniers sur les biens industriels: la nécessité d’une baisse réelle des taxes alliée à la reconnaissance des besoins en développement », affirment-ils dans un communiqué conjoint.

Le ministre rwandais du Commerce, Manasseh Nshuti, a rapporté que les négociations agricoles s’étaient déroulées mieux qu’il ne s’y attendait, l’Union européenne s’étant montrée plus « accommodante ». Il a ajouté que les ministres de l’Union africaine avaient demandé des détails chiffrés et un calendrier de la réduction des subventions, sans toutefois les obtenir.

Source : AP

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