Les subventions agricoles dans le collimateur à l’OMC

Genève (Suisse), 21 mars 2004 – Les subventions agricoles, accusées de pénaliser les paysans des pays pauvres, vont se retrouver dans le collimateur à l’OMC cette semaine, alors que redémarrent les négociations sur la libéralisation du commerce mondial, avec l’objectif de parvenir à un accord cet été.

Les 146 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce se réunissent de lundi à vendredi à Genève en Comité de l’agriculture dans le but de relancer des négociations en panne depuis l’échec de la conférence ministérielle de Cancun (Mexique) en septembre dernier.

Les pays en développement du G20, appuyés par les grands exportateurs agricoles comme l’Australie et le Canada, exigent que les deux premières puissances commerciales mondiales, l’Union européenne et les Etats-Unis, mais aussi d’autres pays comme le Japon, la Corée du Sud ou la Suisse, s’engagent à éliminer leurs subventions aux exportations agricoles.

« Nous attendons de l’UE et des Etats-Unis qu’ils acceptent que nous fixions une date limite pour l’élimination de ces subventions », résume l’ambassadeur d’Australie auprès de l’OMC, David Spencer.

L’UE, qui sera représentée lundi par le commissaire à l’Agriculture Franz Fischler, a proposé d’éliminer les subventions uniquement sur des produits d’intérêt spécifique pour les pays en développement. Bruxelles affirme vouloir ainsi éviter que la disparition des subventions ne profite à de riches exportateurs comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande.

« Il s’agit d’une offre majeure, d’un élément de flexibilité important. Mais nous n’avons toujours pas reçu de réponse à cette proposition », déplore-t-on à la mission européenne auprès de l’OMC.

Les Etats-Unis se sont ralliés en début d’année à la fixation d’une date pour l’élimination des subventions aux exportations. Le représentant américain pour le Commerce, Robert Zoellick, s’est également dit prêt à inclure dans les discussions les crédits à l’exportation et l’aide alimentaire des Etats-Unis, considérés comme des subventions déguisées par l’UE.

Six mois après la conférence de Cancun, qui a précisément achoppé sur la question agricole, « tout le monde promet de faire preuve de souplesse », relève l’ambassadeur d’Australie, un pays qui, avec 16 autres exportateurs agricoles, forme le Groupe de Cairns des pays hostiles aux subventions.

Les ambassadeurs du Groupe de Cairns se sont réunis mercredi à Genève avec ceux du G20, qui regroupe des pays en développement autour du Brésil, de l’Inde et de la Chine, afin de préparer la négociation.

Outre l’agriculture, les pays membres de l’OMC doivent boucler en principe avant la fin de l’année le cycle de négociations sur la libéralisation du commerce mondial lancé à Doha (Qatar) en 2001.

Les principaux acteurs de la discussion ont affirmé ces dernières semaines qu’ils espéraient parvenir à un accord cadre sur « les modalités » de la négociation à l’été, se laissant jusqu’à la fin de l’année pour négocier les détails d’un accord.

« Nous n’avons pas besoin de spécifier une date (pour l’élimination des subventions), tout ce que nous voulons est que l’on s’engage à en fixer une », explique M. Spencer.

« L’important est de se mettre d’accord sur les concepts et puis d’arriver à un compromis sur les chiffres durant le reste de l’année. On serait déjà aux trois-quarts du chemin », espère le porte-parole de l’OMC, Keith Rockwell.

Source : AFP

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