Les États-Unis sommés de supprimer des aides à l’exportation

Bruxelles (Belgique), 8 mai 2003 – L’Union européenne a donné jusqu’à la fin de l’année à Washington pour supprimer des réductions fiscales de soutien à l’exportation. Sinon, les Etats-Unis pourraient se voir appliquer des mesures de rétorsion représentant au maximum quatre milliards de dollars (3,5 milliards euros).

L’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui avait déclaré ces subventions illégales il y a quatre ans, a donné formellement son aval mercredi.

Le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, s’est déclaré convaincu « que les Etats-Unis parviendr(aient) à trouver une solution entièrement compatible avec les règles de l’OMC ».

La Commission européenne précise dans un communiqué qu’elle « fera le bilan de la situation à l’automne et (que), si elle ne constate aucune avancée à ce moment-là, elle entamera la procédure législative nécessaire à l’adoption de mesures de rétorsion d’ici au 1er janvier 2004 ».

Le représentant des États-Unis Steve Fabry a déclaré que l’intention de Washington était de se conformer aux règles de l’OMC. « Tout en reconnaissant que l’Union européenne a le droit de demander l’autorisation de prendre des sanctions, nous ne croyons pas qu’il sera nécessaire d’utiliser cette autorisation », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que les Etats-Unis continuaient de penser que le médiateur de l’OMC avait tort d’évaluer le coût des mesures de soutien à l’exportation américaines à quatre milliards de dollars par an pour l’Union européenne. Washington estime que le préjudice s’élève plutôt à un milliard.

Tout un éventail de produits américains pourraient être sanctionnés, des oranges aux réacteurs nucléaires, avec des droits de douanes pouvant aller du simple au double.

Ces mesures rendront le marché européen moins accessible aux producteurs américains, qui peuvent décider de contre-attaquer en augmentant leurs prix ou en suspendant leur production.

Il est déjà arrivé aux États-Unis de prendre des mesures de rétorsion à l’encontre de l’Union européenne, notamment dans le dossier des bananes ou de l’embargo sur les importations de boeuf américain aux hormones, mais cette fois-ci les sanctions, nettement plus sévères, auraient un impact bien supérieur sur le commerce transatlantique.

Source : AP

Commentaires