Les tensions commerciales ont affecté le secteur agricole québécois

Le secteur bioalimentaire affiche toutefois une croissance continue au Québec

L’année 2018 a été mouvementée sur le front des échanges économiques et le secteur bioalimentaire du Québec n’y a pas échappé. Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis ont eu des retombées jusqu’ici, et c’est sans compter les négociations pour le renouvellement de l’ALENA qui ont entraîné leur lot de perturbations. Un autre accord commercial, cette fois-ci entre l’Union européenne et le Canada est entré en vigueur l’an dernier.

Avec cette toile de fond, le produit intérieur brut du secteur bioalimentaire québécois a tout de même connu une hausse, soit de 1,7% en 2018 pour atteindre 29,3G$. La progression est toutefois moindre que celle de 2017 (+4,6%). Selon le gouvernement québécois, le secteur tertiaire (détaillants, services alimentaires, etc.) a soutenu cette augmentation. Celle-ci est liée  en partie à la croissance démographique et à une modeste hausse des prix alimentaires, mais encore davantage à une demande plus forte de la part des ménages québécois et des touristes.

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La valeur des exportations de porc, premier produit d’exportation bioalimentaire du Québec, a diminué de 2 % en 2018, même si les volumes exportés se sont à peu près maintenus. La croissance de la production aux États-Unis et les tarifs imposés au porc américain, par la Chine et le Mexique, ont exercé une pression à la baisse sur les prix internationaux.

La baisse des prix payés aux éleveurs de porcs de même que des rendements à l’entaille plus modestes dans l’acériculture ont entraîné, en 2018, une réduction des recettes monétaires agricoles tirées du marché au Québec. Ces dernières sont estimées à 8,3 G$ en 2018, soit 2 % de moins au regard du sommet historique de 8,5 G$ atteint en 2017.

La conjoncture de prix défavorable à l’endroit des éleveurs a contribué à une diminution de 117 millions de dollars des ventes agricoles dans l’ensemble des productions animales au Québec, qui ont atteint 5,2 milliards de dollars en 2018.

Parallèlement, les informations disponibles indiquent que les dépenses d’exploitation des entreprises agricoles ont probablement connu une hausse en 2018. En particulier, le prix du carburant pour la machinerie s’est accru de 20 % alors que le coût de l’alimentation des animaux, le plus important poste de dépenses agricoles au Québec, augmentait d’environ 5 %. Les dépenses en intérêts sur la dette ont pour leur part été exposées au relèvement graduel des taux d’intérêt en 2018.

Dans un contexte où les recettes monétaires agricoles totales se sont légèrement repliées et que les dépenses ont probablement augmenté, la rentabilité du secteur agricole pourrait avoir diminué en 2018.

Le PIB du secteur agricole est demeuré stable en 2018, s’établissant à 4,1 G$. D’un côté, les volumes récoltés ont diminué dans certaines cultures, notamment en acériculture. La hausse de la production dans le secteur laitier a néanmoins contribué à soutenir le PIB agricole.

Source: Le bioalimentaire économique — Bilan de l’année 2018

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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