L’ONU lance « un bulletin de santé » de la terre

New York (New York), 5 juin 2001 – L’ONU a lancé mardi la plus grande étude jamais réalisée sur l’état des fragiles écosystèmes mondiaux –prairies, forêts, cours d’eau– menacés par la pression démographique et l’accroissement des activités humaines.

Ce « bulletin de santé de la planète », selon l’expression du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, s’échelonnera sur quatre ans et coûtera 21 millions de dollars. Il mobilisera 1.500 scientifiques à travers le monde.

L’étude « examinera l’influence des activités humaines sur l’environnement, et comment, en retour, ces changements affectent l’avenir de notre santé et de notre bien-être », a dit M. Annan.

Le lancement de cette étude, baptisée « Evaluation des écosystèmes pour le nouveau millénaire », a coïncidé avec la Journée mondiale de l’environnement.

« Elle comblera d’importantes lacunes dans les connaissances, permettant de prendre des décisions meilleures et mieux informées ».

Le projet a été conçu conjointement par la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des Nations Unies pour l’environnement et le World Resources Institute.

Selon l’ONU, dans de nombreuses régions du monde, la capacité des prairies, forêts, cours d’eau et lacs, terres agricoles et océans à satisfaire les besoins alimentaires et en eau salubre d’une population mondiale de six milliards d’habitants est sérieusement menacée.

La pression sur ces écosystèmes s’est en effet dramatiquement accrûe ces dernières décennies, avec une économie mondiale qui a triplé de volume depuis 1980 et une population qui devrait atteindre 9 milliards d’habitants en 2050.

« Les demandes de riz, blé et de maïs devraient augmenter de 40% en 2020, ce qui doit faire augmenter de 50% la demande d’eau pour l’irrigation », note l’ONU dans un document intitulé « Les ressources mondiales 2000-2001 ».

Ces pressions sont exacerbée par des politiques qui encouragent l’exploitation des écosystèmes pour des gains à court-terme au détriment d’une gestion à long-terme de ces ressources, affirme l’ONU.

Cette dégradation se manifeste sur tous les continents: ce sont des pénuries d’eau dans le Punjab, en Inde, une érosion des sols à Tuva, en Russie, des poissons morts au large de la Caroline du nord, aux Etats-Unis, des glissements de terrain sur les pentes déboisées au Honduras ou des feux de forêt à Bornéo, en Indonésie.

Pour l’ONU, ce sont surtout les pays pauvres qui sont victimes de ces atteintes aux écosystèmes, l’agriculture, l’industrie forestière et la pêche faisant vivre 70% de la population en Afrique sub-saharienne, en Asie de l’est et dans le Pacifique.

Le document de l’ONU cite l’exemple du Lac Victoria où deux espèces de poissons — le perche du Nil et le pelapia du Nil introduits au début des années 50 — ont pratiquement conduit à l’extinction les 350 variétés de poissons existantes. D’un autre côté, ils ont aussi donné naissance à une industrie de la pêche florissante, générant des exportations de plus de 300 millions de dollars, mais dont est exclue la population locale.

« Avant tout, l’évaluation promet de nous aider à améliorer les conditions de vie des pauvres, et de faire des progrès considérables dans nos efforts pour parvenir à un juste équilibre entre environnement et développement », a souligné Kofi Annan.

L’évaluation s’effectuera à un niveau mondial, régional et local. Des travaux sont déjà en cours en Afrique australe, Asie du sud-est, Amérique centrale, dans l’ouest de la Chine et en Norvège.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)

http://www.unep.org/

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