L’UPA ne peut pas repenser l’agriculture québécoise toute seule

Saint-Germain-de-Kamouraska (Québec), 26 avril 2004 – Les journaux font état d’un changement de cap de l’UPA sur la question des OGM et de la ferme familiale. Il s’agit pour le moment de projets de discussion, non de propositions fermes. Sur les OGM, on semble alimenter encore le mythe que l’usage d’OGM diminue l’utilisation de pesticides, ce qui est contredit par les derniers rapports américains, soit parce les semences OGM résistantes aux herbicides requièrent l’usage d’herbicides, soit que les herbes ou insectes visés développent une résistance.

On ne peut que se réjouir du fait que l’UPA semble commencer à comprendre que la crise de confiance envers les agriculteurs n’est pas qu’une affaire de mauvaise perception des pratiques agricoles modernes mais qu’il est nécessaire de remettre en question ces pratiques elles-mêmes : l’invasion des OGM, la concentration des fermes et leur contrôle par des intégrateurs industriels, le déclin de la ferme familiale et de la relève, l’adaptation nécessaire de la gestion de l’offre, etc.

L’UPA reprend ainsi une fois de plus, mot pour mot, les problèmes que soulève l’Union paysanne depuis sa fondation. L’Union paysanne souhaite que cette conversion impromptue de l’UPA aille plus loin que les paroles et ne soit pas une manoeuvre de plus pour refaire son image et garder le contrôle de la mise à jour pressentie.

L’opération annoncée par l’UPA serait plus crédible, cependant, si cette réévaluation de nos politiques et de nos pratiques agricoles était ouverte à tous les intervenants concernés comme le propose l’Union paysanne avec l’organisation d’États généraux de l’agriculture. Pour l’Union paysanne, il est clair que l’UPA ne peut et ne doit pas faire cet exercice seule. Sur les OGM, notamment, l’expertise de plusieurs groupes québécois doit être consultée.

On lit que la proposition de l’UPA « encourage les agriculteurs à définir un nouveau contrat social liant les producteurs agricoles, les contribuables, les consommateurs et l’État. ». Un contrat social se négocie avec tous les contractants, dans des états généraux notamment. Doivent y prendre par les producteurs, leurs organisations diverses, les consommateurs, les représentants de l’État, mais aussi les municipalités, les professionnels et les industries de l’agroalimentaire, les responsables de l’environnement, de la santé et du développement régional et rural, etc.Il y a encore loin de la coupe aux lèvres!

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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