Météo personnalisée à chaque ferme

PHOTO : André Dumont
PHOTO : André Dumont

En culture maraîchère, suivre la météo au jour le jour est si important que des producteurs des Jardins de Napierville, en Montérégie-Ouest, se sont dotés d’un réseau de stations météorologiques dans leurs champs. Voilà que le même réseau s’offre maintenant aux producteurs en grandes cultures.

Déployé par Prisme Consortium, le réseau actuel compte une vingtaine de stations. Elles desservent la clientèle horticole de Prisme. Depuis peu, les clients de l’Agrocentre Fertibec peuvent aussi en profiter, moyennant un abonnement.

« Nous voulons élargir le projet en 2014, pour toucher plus de producteurs et proposer aussi le service aux clients en grandes cultures », a confié au Bulletin.com Richard Adam, copropriétaire de l’Agrocentre Fertibec.

Il ne s’agit pas d’installer une nouvelle station météo chez chaque producteur intéressé, mais plutôt de lui donner accès aux données générées par les stations existantes, disposées à moins de quatre kilomètres l’une de l’autre dans les environs de Napierville, Saint-Isidore, Sainte-Clotilde et Saint-Constant.

Pour les producteurs de grandes cultures, Richard Adam croit que les données des stations météorologiques permettraient de mieux calculer le cumul des unités thermiques d’année en année, pour chaque champ. Cela permettrait de mieux choisir les variétés à semer.

Ces stations seraient aussi utiles pour déterminer à quel moment entrer au champ. Par exemple, on pourrait avoir un portrait précis des précipitations et de la température dans un champ de blé avant de décider d’y appliquer des fongicides pour prévenir la fusariose. Il serait d’ailleurs possible de mettre au point un modèle de calcul informatisé qui estimerait le meilleur moment d’appliquer un fongicide en se basant sur les conditions météorologiques depuis la date de semis.

Au printemps, un producteur pourrait savoir lesquels de ses champs ont reçu le moins de précipitations et se préparer à en travailler le sol ou les ensemencer en premier. À l’automne, la variabilité des précipitations d’un champ à l’autre pourrait aussi influer sur l’ordre des récoltes.

« Un producteur membre du réseau peut avoir accès presque en temps réel aux données de toutes les stations, explique Richard Adam. Il n’a qu’à se connecter à un site internet. » L’an prochain, le réseau devrait croître à 25 stations.

Les données météorologiques peuvent être très pratiques quand il s’agit de décider d’aller réaliser des travaux sur une terre éloignée, illustre Richard Adam. « Probablement qu’en travaillant avec les stations, les producteurs de grandes cultures vont découvrir des usages auxquels nous n’avons pas encore pensé », ajoute-t-il.

La tarification pour les producteurs de grandes cultures n’a pas encore été établie, mais Richard Adam est convaincu que dès 2014, plusieurs seront intéressés à se joindre à ce projet novateur.

À lire aussi : Ma ferme, ma météo

à propos de l'auteur

Articles récents de André Dumont

Commentaires