Monsieur météo se prononce pour 2017

Est-ce que La Nina se fera sentir en 2017? De quoi aura l’air la prochaine saison? Peut-on s’attendre encore à des périodes de sécheresse cette année? Le météorologue Drew Lerner, président et analyste de World Weather campé au Kansas était l’invité d’une conférence organisée par Grainwiz en décembre dernier. L’expert a dressé les grandes lignes des tendances météo, en passant par le phénomène La Nina et ses impacts pour les différentes régions du globe tout au long de l’année.

Pour M.Lerner, une chose est claire. Après avoir subi les répercussions du plus fort El Nino jamais enregistré, c’est un « la Nina faible qui a pris sa place et qui va s’essouffler en 2017 ». L’année dernière a en effet été influencée par le réchauffement des eaux du Pacifique, au niveau des tropiques. Pour des raisons encore inconnues, cette zone connait par périodes un réchauffement (El Nino), suivi par un refroidissement (La Nina). C’est à El Nino que l’on doit un Noël 2014 à presque 25 degrés Celsius à Montréal et le printemps froid qui a suivi. C’est aussi lui le responsable des pluies diluviennes en Amérique du Sud qui a eu des impacts majeurs sur les récoltes de soya et de maïs et de soya en début de 2016. Et c’est encore sa faute si les Prairies ont été bu la tasse plus souvent que leur tour tout au long de la saison dernière.

Pour prévoir de quoi sera fait 2017, le météorologue américain a décidé de revoir les années qui ont suivi des épisodes de El Nino dans le passé, soient 1963, 1981 et 1999. Certains s’en rappelleront peut-être, 1999 a été une année La Nina avec beaucoup de pluie. Mais selon M.Lerner, 2017 collera plutôt au pattern de 1981, une année où l’enfant terrible s’est faite discrète, à l’exemple de ce qui semble se dessiner pour cette année. À quoi ressemblait 1981 : ce fut le 39e été le plus sec, le 17e pour la chaleur et le 8e pour l’humidité. Le verdict pour 2017? « L’année devrait être un peu plus chaude et sèche que la normale (…) mais la saison des récolte s’annonce favorable pour le Québec ».

Hiver et printemps 2017

Déjà en décembre dernier, M.Lerner y allait d’un avertissement : attachez vos tuques car l’hiver sera actif! La tendance en place perdurera selon lui jusqu’au printemps avec un pattern très actif qui promet des successions de tempêtes et un mercure qui jouera aux montagnes russes. De l’air arctique descendra jusqu’au sud de la province pour des épisodes marqués de froid. La neige pourrait se faire rare mais la bonne nouvelle est qu’il y aura suffisamment d’humidité pour alléger une partie des zones affectées par la sécheresse l’an dernier. « Une année aussi sèche que 2016 a par contre tendance à laisser des traces et à perdurer. 2017 devrait avoir un biais sec, et sous la moyenne pour l’humidité, surtout en Ontario » a laissé tomber M.Lerner. Il anticipe autant de pluie mais répartie durant tout l’été. L’est de la province devrait toutefois encore y goûter côté précipitation avec encore beaucoup de pluie.

États-Unis et le reste du monde

En 2017, fini la volatilité extrême de la météo, selon l’expert de World Weather. Après une année mouvementée, 2017 sera sans histoire. Près de chez nous, M.Lerner gardera toutefois deux zones à l’œil aux États-Unis qui pourraient brouiller les cartes. L’année sèche et chaude a créé une nouvelle zone de sécheresse au sud de la frontière; en plus de la Californie, le sud-est du pays est en déficit d’humidité. Si 2017 est aussi chaude que l’an dernier, les récoltes pourraient être affectées. Mais pour l’instant, l’humidité est suffisante pour assurer de bonnes conditions de croissance au blé et sans procurer de records, la présente saison devrait offrir de conditions aux cultures.

Pour l’Amérique du Sud, la présence de La Nina veut dire du temps sec mais aucun problème n’était à signaler au moment de la conférence. M.Lerner s’attend pour sa part à une très grosse récolte qui irait au-delà des prévisions pour l’Argentine. La pluie qui s’est abattue sur la Chine devrait se calmer et offrir de meilleures conditions de cultures. Quant à la Russie et l’Ukraine, elles recevront plus que leur lot habituel de neige.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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