Négociations commerciales: les membres de l’OMC font un constat d’échec

Genève (Suisse), 29 juillet 2005 – Les 148 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se sont séparés après trois jours de discussions qui n’ont pas permis de relancer les négociations sur la libéralisation des échanges, malgré la présence de plusieurs poids lourds du commerce mondial.

« Nous avons des ennuis, inutile de le cacher », a reconnu la principale responsable des négociations, l’ambassadrice du Kenya Amina Mohamed. « Avec de la volonté politique, nous pourrons quand même nous sortir de ces ennuis », a-t-elle espéré lors d’une conférence de presse.

Les pays membres auraient dû à l’origine profiter de leur réunion à Genève pour rédiger l’ébauche d’un accord mondial de libéralisation du commerce qui doit être soumis aux ministres lors d’une conférence à Hong Kong en décembre prochain.

Mais malgré la présence à Genève des plus hauts responsables du commerce américain, européen, indien et japonais, l’OMC a dû se contenter de dresser un bilan de l’état des négociations et de se donner rendez-vous à la rentrée pour préparer Hong Kong d’arrache-pied.

Cette conférence doit couronner le cycle de négociations lancé à Doha (Qatar) en 2001 avec pour objectif de mettre le commerce au service du développement des pays pauvres. Mais ce cycle, qui aurait déjà dû être bouclé à la fin de l’an dernier, bute sur une rivalité Nord-Sud à propos de l’agriculture qui a fait dérailler la précédente conférence ministérielle à Cancun (Mexique) en 2003.

Afin de respecter l’échéance de Hong Kong, Mme Mohamed a prévu de changer de tactique de négociation à l’automne, en impliquant davantage les ministres des grandes puissances commerciales qui devront pouvoir se rendre plus fréquemment à Genève afin de passer les compromis nécessaires.

« Il est logique que plus un acteur est important, plus grande est sa responsabilité. Nous attendons donc des principaux acteurs qu’ils jouent ce rôle », a-t-elle lancé.

Le représentant américain pour le Commerce, Rob Portman, a répondu présent.

« Les Etats-Unis ont joué un rôle dirigeant dans le lancement de ces négociations. Nous continuerons à jouer ce rôle afin de les amener à un résultat concluant », a-t-il promis dans un discours aux pays membres.

« Nous sommes prêts à être audacieux et imaginatifs et à réduire les divergences. Mais cela doit être partagé par tous les pays membres », a-t-il ajouté.

M. Portman a discuté par téléphone avec le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, qui avait réclamé jeudi une baisse des subventions américaines à l’agriculture.

Devant la presse, M. Portman a estimé qu’une telle idée serait « un peu difficile à vendre » à Washington, les subventions versées par Bruxelles atteignant le triple de celles des Etats-Unis.

« Ceux qui ont les subventions les plus élevées doivent le plus les réduire », a ajouté M. Portman, tout en précisant que le budget soumis cette année au Congrès mentionne la réforme de la politique agricole. « Dire que nous ne sommes pas prêts à réformer alors que notre président a dit qu’il veut éliminer toutes les subventions et a proposé des réformes spécifiques est un peu incohérent », a-t-il lancé.

M. Portman devait s’entretenir samedi avec le Français Pascal Lamy, qui prendra le 1er septembre la succession du Thaïlandais Supachai Panitchpakdi au poste de directeur général de l’OMC.

Lors d’une intervention devant les pays membres, M. Lamy a relevé que « les prochains mois seront cruciaux pour la préparation de la conférence ministérielle de Hong Kong ».

Source : AFP

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