OGM et gouvernement minoritaire : une chance pour une politique de précaution ?

Ottawa (Ontario), 25 octobre 2004 – Une vaste coalition canadienne et québécoise de groupes(1) de la société civile représentant notamment des écologistes, des consommateurs, des agriculteurs exige que la Chambre des communes mette en place rapidement une politique de précaution concernant les OGM (organismes génétiquement modifiés). Une étude récente du PolarisInstitute(2) confirme que le gouvernement fédéral a échoué lamentablement dansla mise en place des recommandations du rapport de la Société royale du Canadade 2001(3). Les groupes déposeront une pétition(4) signée par environ 20 000personne adressée à la Chambre des communes qui demande un moratoire sur lesOGM.

« Notre étude démontre très clairement que le gouvernement fédéral agénéralement ignoré les 58 recommandations de la Société Royale du Canada (laplus haute instence scientifique du Canada) en faveur d’une approche deprécaution en matière d’OGM », constate Lucy Sharratt du Polaris Institute etPeter Andree, les co-auteurs du rapport.

« Il est scandaleux que près de 4 ans après le dépôt du rapport de laSociété royale du Canada, le gouvernement fédéral continue à faire lapromotion des OGM sans tenir compte des risques pour l’environnement et lasanté. Un gouvernement minoritaire est une chance pour les parlementairesd’imposer une véritable politique de précaution en matière d’OGM », affirmeEric Darier de Greenpeace.

« Afin de promouvoir une approche de précaution, notre coalition déposeaujourd’hui une pétition, réclamant un moratoire sur l’utilisation des OGM,et ceci, au moins jusqu’à la mise en place des recommandations de la Sociétéroyale et de la tenue d’un débat public sur le sujet », déclare DenisFarlardeau de l’ACEF de Québec.

« Malgré l’appui d’environ 90 % des consommateurs et consommatrices àtravers tout le Canada et le Québec, il est incroyable que le gouvernementfédéral refuse toujours d’imposer l’étiquetage obligatoire des OGM comme c’estdésormais le cas dans une quarantaire de pays », dit Charles Tanguay de l’Uniondes consommateurs.

« Les OGM sont non seulement une menace pour une agricultureécologiquement et socialement durable, mais aussi pour l’avenir desagriculteurs et celui des marchés des produits agricoles du Québec et duCanada », constatent Benoît Girouard de l’Union paysanne.

« Nous demandons que les comités permanents de la santé, del’environnement et de l’agriculture de la Chambre des communes entamment undébat public sur les OGM afin de forcer le gouvernement minoritaire de PaulMartin d’agir d’une manière responsable. Un moratoire et l’étiquetageobligatoire des OGM seraient deux des conditions nécessaires pour la mise enplace d’une politique de précaution », de conclure Nadège Adam du Conseil descanadiens.

NOTES
(1) Réseau québécois contre les OGM (les AmiEs de la terre de Québec, ACEF de Québec, l’Union des consommateurs, l’Union paysanne, Greenpeace, Equiterre, etc.), Conseil des canadiens, etc.
(2) voir http://www.polarisinstitute.org/. Une version en français du résumé exécutif est disponible à : www.polarisinsitute.org
(3) Société royale du Canada, Elements de précaution (2001), http://www.rsc.ca//index.php?lang_id=2&page_id=119;
Voir aussi : http://www.greenpeace.ca/f/campagnes/ogm/dossiers/rapports_experts/index.php
(4) voir le texte de la pétition : http://membres.lycos.fr/rqcogm/ sous la section « Documents disponibles ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Société Royale du Canada
http://www.rsc.ca/

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