OGM : “Prudence, prudence, prudence…”, demande une coalition à la CAAAQ

Montréal (Québec), 25 avril 2007 – Une vaste coalition de groupes deconsommateurs, d’écologistes et d’agriculteurs présente aujourd’hui, àMontréal, un important mémoire(1) à la Commission sur l’avenir del’agriculture et de l’alimentation au Québec (CAAAQ). Ce mémoire démontre que non seulement Québec n’a pas mis en place l’étiquetage obligatoire des OGM, mais n’a également rien fait au sujet de la biosécurité et, pire encore, n’envisage même pas d’adopter un cadre de responsabilité civile stricte des entreprises de biotechnologie responsables de la contamination génétique dansl’environnement, alors que des contrées comme l’Allemagne, l’Autriche, leDanemark, la Suisse et le Vermont l’ont fait. Cette coalition profite del’occasion pour lancer à tous les acteurs de l’industrie et au gouvernement unurgent appel à la précaution en matière d’organismes génétiquement modifiés ouOGM.

La coalition exige l’adoption du principe de précaution en matière d’OGM,telle que recommandée en vain par la Société royale du Canada et laVérificatrice générale du Canada. « L’étiquetage obligatoire des OGM est unstrict minimum de précaution », lance Eric Darier, directeur de la campagne OGMde Greenpeace. « Je m’attends à ce que les partis d’opposition à Québec forcentle gouvernement minoritaire libéral à tenir les promesses brisées que ceparti, alors majoritaire, avaient faites en 2003 ». Rappelons qu’Ottawa refusetoujours de ratifier le protocole sur la biosécurité pourtant adopté par140 pays. Il est temps que Québec cesse d’attendre Ottawa et… avance sur lesOGM.

Jusqu’à ce jour, il y a eu de par le monde plus de 140 contaminationsgénétiques officiellement répertoriées depuis la dissémination des OGM dansl’environnement. « L’agriculture biologique et l’agriculture conventionnellesans OGM sont souvent les premières victimes de ces contaminations », affirmeBenoit Girouard, de l’Union paysanne.

« Malheureusement, les entreprises qui vendent ces OGM, comme Monsanto, nesont pas tenues responsables de la contamination. Comme en Allemagne, enSuisse ou au Vermont, il importe que le gouvernement du Québec adopte unrégime de responsabilité stricte en matière de contamination génétique enprovenance des OGM. Il est de sa responsabilité de protéger adéquatement lesagriculteurs qui en sont victimes. Québec devrait aussi appuyer lesalternatives écologiques aux OGM ».

« Le gouvernement du Québec devrait mettre en place un système de veillepour prévenir les risques des OGM pour la santé, basé sur un système detraçabilité des OGM dans toute la chaîne alimentaire », croitNalini Vaddapalli, d’Option Consommateurs. « Ce système de traçabilité estessentiel à un étiquetage obligatoire des OGM qui est un droit fondamental àl’information ».

« Plus de 40 pays reconnaissent le droit fondamental des consommateursd’avoir accès à l’information nécessaire sur ce qu’ils mangent en imposantl’étiquetage obligatoire des aliments contenant des OGM », conclutCharles Tanguay, de l’Union des consommateurs. « Il est inadmissible que legouvernement du Québec tarde encore à rendre l’étiquetage obligatoire. Cela nefait qu’alimenter les craintes des consommateurs, qui se disent que si lesgouvernements nient ce droit pourtant élémentaire, c’est qu’ils ont quelquechose à cacher au sujet des OGM ».

1.disponible à www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/memoire-caaaq-rqcogm

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ)
http://www.caaaq.gouv.qc.ca/

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Option Consommateurs
http://www.option-consommateurs.org/

Union des consommateurs
http://consommateur.qc.ca/union

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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