OMC : les Etats-Unis veulent éviter la répétition de l’échec de Seattle

Washington (États-Unis), 31 août 2001 – Les États-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux veulent tout faire pour éviter la répétition de l’échec de Seattle (États-Unis, fin 1999) lors de la réunion de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) au Qatar en novembre, ont affirmé des responsables américains.

Le représentant pour le Commerce (USTR) américain Robert Zoellick va participer à une réunion informelle avec ses homologues de 18 pays, y compris l’Union européenne et le Mexique, vendredi et samedi à Mexico pour tenter de régler leurs points de désaccord.

« L’objet de cette réunion est de s’assurer que les ministres vont être directement impliqués dans le processus de négociation en amont de la réunion » au Qatar, a souligné jeudi un responsable américain s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

« Je pense que l’une des principales leçons de Seattle est que les ministres se sont impliqués trop tard et ont dû aborder un trop grand nombre de problèmes », a-t-on ajouté de même source.

« L’idée est de les voir s’impliquer plus tôt et de se concentrer sur les problèmes qu’ils devront résoudre à Doha », a ajouté ce responsable.

Robert Zoellick va ensuite se rendre à une réunion des pays du « Groupe de Cairns » à Punta del Este, en Uruguay, les 3 et 4 septembre, pour discuter des questions agricoles dans le cadre de l’OMC.

Le Groupe de Cairns regroupe 18 pays qui militent au sein de l’OMC pour la suppression des subventions agricoles.

La réunion de Seattle s’était terminée sur un échec, les participants n’arrivant pas à s’entendre sur les modalités du lancement d’un nouveau cycle de négociations multilatérales destiné à développer le libre-échange mondial. Les principaux points de désaccord avaient porté sur les subventions agricoles, la biotechnologie, les droits des travailleurs et la protection de l’environnement.

Les réunions de Mexico et de Punta del Este vont tenter de créer une dynamique pour s’assurer du lancement de ce nouveau cycle lors de la réunion de Doha, qui se déroulera du 9 au 13 novembre, a-t-on souligné de source américaine.

« Le problème qui va réclamer le plus d’attention est l’agriculture et notamment la définition d’un ordre du jour des négociations », ajoute-t-on de même source.

Les responsables commerciaux vont également discuter à Mexico des plaintes des pays en voie de développement, comme l’Inde, qui s’estiment défavorisés par l’application actuelle des règles commerciales internationales.

Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a dit la semaine dernière qu’il fallait définitivement résoudre, avant le lancement de nouvelles négociations multilatérales, le problème de « l’ordre du jour incomplet » du précédent cycle de négociations, qui s’était terminé en 1994.

L’Inde reproche notamment aux pays industrialisés de ne pas avoir suffisamment ouvert leurs marchés aux produits des pays émergents et de ne pas avoir satisfait pour cette raison à leurs obligations au titre de l’accord de 1994.

Les Etats-Unis et l’Union européenne ont également plusieurs différends commerciaux comme la limitation envisagée des importations d’acier aux Etats-Unis, les subventions à l’exportation versées aux entreprises américaines, l’interdiction d’importer dans l’UE du boeuf américain aux hormones et l’étiquettage des aliments génétiquement modifiés.

« Il y a de nombreuses questions qui se posent sur le système d’échange mondial et son développement auxquelles il faudra répondre », a-t-on reconnu de source américaine. « Mais nous pensons que c’est précisément le but d’un cycle de négociations, que cela va être reconnu par un nombre grandissant de pays et en dernier lieu par tout le monde », a ajouté le responsable américain.

Source : AFP

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