OMC : Pascal Lamy invite les pays membres à redoubler d’efforts

Genève (Suisse), 1er mai 2006 – Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy a invité instamment les pays membres à redoubler d’efforts pour sortir de l’impasse leurs négociations.

Les 149 pays membres n’étaient pas parvenus à respecter l’échéance du 30 avril qu’ils s’étaient fixée pour se mettre d’accord sur la baisse des droits de douane appliqués aux produits agricoles et industriels.

« Je ne pense pas que nous ayons perdu l’occasion de faire des progrès mais nous n’avons vraiment plus de temps à perdre », a déclaré M. Lamy devant les représentants des pays membres au siège de l’OMC à Genève.

Les ambassadeurs et quelques ministres-clés – comme le Brésilien Celso Amorim et l’Américain Rob Portman – se réunissent cette semaine à Genève pour faire le point après l’échéance manquée de fin avril.

« Nous avons subi une déception mais ce n’est pas un désastre », a plaidé M. Lamy, pour qui les pays membres doivent « transformer cette déception en détermination ».

« L’essentiel désormais, a-t-il affirmé, est de faire des progrès significatifs sur les questions essentielles aussi vite que possible, de façon à trouver un accord rapidement sur les modalités » en agriculture et dans les produits industriels. « C’est maintenant une question de semaines et non de mois », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué diffusé lundi à Genève, le groupe des pays du G20 (mené par le Brésil, la Chine et l’Inde) a appelé l’Union européenne et les Etats-Unis à améliorer leur offre de réduction de leurs subventions agricoles et d’accès au marché.

« Nous appelons les pays développés à prendre rapidement les décisions nécessaires », déclare le G20 qui se dit déterminé à obtenir un accord sur les réductions des droits de douane agricoles avant l’été. « Nous ne pouvons pas renoncer à conclure le round de Doha cette année, mais le temps commence à manquer », souligne le texte.

L’OMC a lancé en novembre 2001 un cycle de négociations multilatérales dit de Doha, dans la capitale du Qatar. Ce cycle doit en principe être conclu à la fin de l’année, avec deux ans de retard sur le calendrier initial, mais les grandes lignes d’un accord devaient être entérinées d’ici le 30 avril pour permettre de tenir cette échéance.

Le ministre brésilien des Affaires extérieures, Celso Amorim, devait rencontrer mardi soir à Genève le secrétaire américain à l’Agriculture, Mike Johanns et le représentant américain au Commerce, Rob Portman, qui doit être bientôt remplacé à ce poste par son adjointe, Susan Schwab.

« Comme cela a été le cas depuis le début du cycle de Doha il y a quatre ans et demi, les Etats-Unis restent engagés à trouver un accord multilatéral ambitieux et complet pour élargir le commerce et promouvoir le développement », ont indiqué les deux responsables américains dans une contribution publiée lundi par le Wall Street Journal.

Le ministre australien du Commerce, Mark Vaile, et le ministre japonais de l’Agriculture, Shoichi Nakagawa, sont également annoncés à Genève.

Les Etats-Unis tiennent d’autant plus à trouver un accord rapidement que l’administration républicaine ne dispose que jusqu’à la fin juin 2007 d’une procédure spéciale pour faire adopter un éventuel accord par le Congrès.

Cette procédure, appelée « Trade Promotion Authority » (TPA), permet de soumettre les accords commerciaux internationaux au Congrès sans que celui-ci ne puisse les amender.

Source : AFP

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