OMC : réunions tous azimuts pour parvenir à un accord avant fin juillet

Genève (Suisse), 30 avril 2004 – Les 147 pays membres de l’OMC vont tenter dans les toutes prochaines semaines de relancer les négociations sur la libéralisation du commerce mondial au cours d’une série de rencontres cruciales pour parvenir à un accord avant fin juillet.

Les négociateurs des deux premières puissances commerciales mondiales, le représentant américain pour le Commerce Robert Zoellick et le commissaire européen Pascal Lamy, doivent dîner vendredi à Londres avec leurs homologues du Brésil, du Kenya, du Mexique et d’Afrique du Sud, a-t-on indiqué à Genève de source diplomatique.

Cette réunion « secrète », à l’initiative de M. Zoellick, viserait à trouver une position commune entre plusieurs « pays-clés » de l’Organisation mondiale du commerce, avant l’échéance de juillet, indiquait mi-avril le quotidien britannique Financial Times.

Plusieurs dizaines de ministres de pays membres de l’OMC se retrouveront ensuite à Paris le 14 mai, en marge d’une réunion de l’OCDE. D’autres réunions sur le même thème sont prévues en mai au Sénégal pour les Pays les moins avancés et au Rwanda pour ceux de l’Union africaine.

« Nous en attendons des contributions de haut niveau sur les questions-clés » de la négociation, a déclaré jeudi à Genève l’ambassadeur du Japon Shotaro Oshima, qui préside le Conseil général de l’OMC et qui est à ce titre chargé des négociations.

Au cours d’une réunion des ambassadeurs des 147 Etats membres, M. Oshima a appelé à dégager au plus tard à la fin mai les éléments d’un ensemble de dossiers en négociation qui pourrait être approuvé fin juillet.

« Cela nous laisserait un peu de temps en juin et juillet pour rédiger le ou les textes nécessaires », a-t-il expliqué. Une réunion du Conseil général est prévue le 17 mai à Genève.

Afin de faciliter un accord dans un laps de temps aussi bref, M. Oshima a suggéré de « viser un résultat qui se concentre sur quatre ou cinq dossiers cruciaux », à savoir l’agriculture, l’ouverture des marchés aux produits non agricoles, le coton et les questions dites « de Singapour » (formalités douanières, transparence des marchés publics, concurrence et investissement).

Ces questions de Singapour avaient provoqué en septembre dernier l’échec de la conférence ministérielle de l’OMC à Cancun (Mexique), les pays en développement (PED) refusant d’ouvrir la discussion sur ce thème cher à plusieurs pays riches comme l’Union européenne ou le Japon.

Les PED exigeaient en effet que les pays riches s’engagent au préalable à réduire leurs subventions à l’agriculture, de loin le dossier le plus délicat de la négociation.

L’UE s’est depuis dite prête à discuter séparément de chaque question de Singapour, dans l’espoir de relancer le cycle de négociations lancé à Doha (Qatar) fin 2001. Ce cycle doit en principe être achevé à la fin de cette année, si les pays membres parviennent à un accord sur le cadre des discussions avant fin juillet.

Les pays membres ont jusqu’à présent raté toutes les échéances fixées à Doha pour les différents accords intermédiaires sur les modalités de la négociation.

Ls négociateurs estiment que passé juillet, il sera très difficile de progresser en raison de l’approche de l’élection présidentielle aux Etats-Unis et du renouvellement de la Commission européenne à Bruxelles.

Sur l’agriculture, les pays membres se sont séparés la semaine dernière sans avoir progressé sur la question de l’ouverture des marchés.

Source : AFP

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