OMC: une semaine de contacts ministériels et peu de résultats apparents

Genève (Suisse), 6 mai 2006 – La semaine écoulée a vu se dérouler une série de contacts informels de haut niveau à Genève pour tenter de relancer, sans grand résultat apparent, les négociations commerciales à l’OMC, au point mort depuis que les 149 pays membres ont manqué une échéance importante fin avril.

Plusieurs acteurs-clés des négociations, dont le directeur général de l’OMC Pascal Lamy et le représentant américain pour le Commerce Rob Portman, ont averti une nouvelle fois à cette occasion qu’on approchait de « l’heure de vérité » dans le cycle de Doha lancé en 2001. Ils ont appelé les négociateurs à faire preuve de « réalisme », « d’ambition » et de « volonté politique ».

Etats-Unis et Australie se sont efforcés de mettre l’Union européenne sur la sellette, estimant qu’il lui revenait de relancer la mécanique en faisant une offre plus ambitieuse en matière d’accès à son marché agricole.

« Ceci a été et continue d’être la clé pour résoudre les divergences qui subsistent », ont affirmé Rob Portman et le ministre australien du Commerce Mark Vaile après un entretien à Genève.

Du côté de l’UE, le Commissaire européen Peter Mandelson avait quelques jours auparavant déclaré que « l’Union européenne serait prête à améliorer encore son offre actuelle sur l’agriculture », mais en précisant bien que les Etats-Unis devaient faire le premier pas.

Les 149 pays ne sont pas parvenus à respecter l’échéance du 30 avril qu’ils s’étaient fixée pour décider une baisse des droits de douane appliqués aux produits agricoles et industriels, alors que le cycle de Doha doit en principe se conclure fin 2006.

Lundi, Pascal Lamy a invité instamment les pays membres à redoubler d’efforts pour sortir de l’ornière, affirmant : « Nous n’avons vraiment plus de temps à perdre ». « C’est maintenant une question de semaines et non de mois », a-t-il ajouté.

M. Portman et le ministre brésilien des affaires extérieures, Celso Amorim, ont affirmé qu’ils croyaient toujours un accord possible d’ici la fin de l’année et ont fixé à juin ou juillet la prochaine échéance.

« Nous croyons que le but est atteignable, nous pensons qu’il y a moyen pour nous de conclure le round de négociations par un succès », a déclaré M. Portman, qui doit être remplacé bientôt par son adjointe Susan Schwab.

Il a prédit que les négociations allaient connaître un « moment de vérité » d’ici à six semaines et a réaffirmé qu’éliminer les tarifs douaniers sur les produis agricoles demeurait « la préoccupation principale » de la majorité des membres de l’OMC.

« Tous mes interlocuteurs, avec bien sûr des nuances, continuent d’oeuvrer pour obtenir un accord de principe en juin ou juillet », a assuré M. Amorim en parlant de « signes de flexibilité », sans toutefois préciser lesquels.

L’échéance du 30 avril n’est pas la première que les 149 pays membres ont manqué : le cycle de Doha devait initialement être bouclé à la fin de 2004.

Mais la pression augmente car l’administration américaine ne dispose que jusqu’à la fin juin 2007 d’une procédure spéciale pour faire adopter un éventuel accord par le Congrès.

Cette procédure, appelée « Trade Promotion Authority (TPA), permet de soumettre les accords commerciaux internationaux au Congrès sans que celui-ci puisse les amender. L’OMC fonctionne par consensus et un seul pays membre peut bloquer une décision, ce qui pourrait se produire si le Congrès se rebelle.

Source : AFP

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