Ouverture en Italie du procès du gigantesque scandale financier Parmalat

Milan (Italie), 28 septembre 2005 – Le premier procès du krach de Parmalat, l’un des plus grands scandales financiers européens, a débuté devant le tribunal de Milan qui juge Calisto Tanzi, le fondateur du groupe, près de deux ans après la chute de l’ex-numéro un de l’agroalimentaire italien.

M. Tanzi, quinze de ses proches et les cabinets d’audit Grant Thornton, devenu depuis Italaudit, et Deloitte et Touche, doivent répondre des accusations de manipulation des cours de Bourse et de fausses déclarations aux marchés financiers.

Le fondateur de Parmalat, amaigri et le visage creusé, est arrivé près d’une heure après le début des débats. Habillé d’un complet gris et d’une cravate bleue, il s’est installé aux côtés de ses avocats, protégé de la meute de photographes par un cordon de policiers. M. Tanzi, en liberté depuis fin 2004, n’a fait aucune déclaration et est reparti une heure après son arrivée par une porte de service.

« M. Tanzi n’entend pas se dérober à ce procès mais assumer ses responsabilités et éclaircir le contexte dans lequel se sont produits les faits contestés », a dit Gianpiero Biancolella, l’un de ses avocats, à la presse.

La première audience, tenue dans une salle remplie de journalistes et d’avocats représentant une partie des 135 000 épargnants lésés, a été essentiellement consacrée à la demande de constitution de parties civiles.

La défense de M. Tanzi veut cerner la responsabilité de chacun des acteurs de ce scandale qui a creusé un trou de 14,3 milliards d’euros dans les caisses du groupe agroalimentaire, le rôle des banques étant au centre du scandale.

Ainsi ses avocats ont demandé l’audition du président de Capitalia (Milan: CAP.MI – actualité) , Cesare Geronzi, des responsables de l’autorité boursière Consob et de la Banque d’Italie. Plus surprenant, ils souhaitent aussi l’audition de toutes les parties civiles constituées des épargnants lésés.

« Ouvrir le procès 18 mois après le scandale est déjà un record, c’est la preuve que la justice fonctionne », a dit pour sa part Marco De Luca, avocat du commissaire extraordinaire de Parmalat, Enrico Bondi, chargé de redresser la société.

« Nous voulons savoir quel a été le rôle de chacun et sur ce procès, il sera important de comprendre comment s’est organisée la communication financière aux marchés et en particulier aux petits épargnants », a-t-il ajouté.

Peu nombreux lors de cette première audience car représentés par leurs avocats, ces derniers ont été les plus lésés dans l’affaire plaçant leurs économies dans des obligations qui ne seront jamais remboursées.

« Contre les escroqueries, merci aux substituts du procureur Greco, Nocerino et Fusco » (qui ont mené l’enquête, ndlr), a ainsi affiché l’un d’eux sur un vélo lesté de bouteilles de lait Parmalat.

L’affaire Parmalat fait l’objet de deux procédures judiciaires séparées, l’une à Milan pour les délits concernant les fausses informations aux marchés financiers, l’autre à Parme pour banqueroute frauduleuse et faux en écritures.

Onze personnes inculpées dans le procès milanais ont choisi une procédure négociée évitant le procès public et ont été condamnées à des peines allant jusqu’à deux ans et demi de prison pour le bras droit de M. Tanzi, Fausto Tonna.

Le parquet de Parme a bouclé son enquête préliminaire mais le procès parmesan n’a pas encore démarré. Le scandale Parmalat a éclaté en décembre 2003 mais les enquêtes judiciaires ont montré que le groupe était en réalité au bord du gouffre depuis de nombreuses années, ne survivant qu’au prix de grossières falsifications de bilan et grâce à des instruments financiers sophistiqués.

Le volet de la complicité des banques dans l’affaire fera l’objet d’un second procès milanais, puisque le parquet a déjà demandé le renvoi devant les tribunaux de plusieurs groupes bancaires, essentiellement étrangers.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Parmalat Canada
http://www.parmalat-ca.com/

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