Peut-être 4000 cas d’ici juin prochain, selon un rapport officiel britannique

Londres (Grande-Bretagne), 23 mars 2001 – Le gouvernement britannique reconnaît avoir perdu le contrôle de l’épizootie de fièvre aphteuse, et envisage désormais de recourir aux vaccinations. Selon un rapport officiel présenté vendredi à Londres, le nombre de cas de cette maladie très contagieuse pourrait atteindre 4 000 d’ici juin prochain, contre près de 490 actuellement.

“La situation échappe à tout contrôle pour le moment”, a expliqué David King, le chef de l’équipe d’experts désignés par le gouvernement. Selon leur rapport préparé pour le ministère de l’Agriculture, on devrait enregistrer 70 nouveaux cas par jour durant les deux prochaines semaines, soit au total 980 d’ici la mi-avril.

D’ici juin, le chiffre pourrait grimper à 4 000 cas.

“Le nombre de cas va croître rapidement au cours des prochaines semaines et cela va se poursuivre durant de nombreux mois (…) en dépit des contrôles actuels”, poursuivent les experts. Plus de 480 000 animaux ont été abattus ou sont en passe de l’être en Grande-Bretagne, où l’épizootie actuelle, qui a débuté le 20 février dernier, est plus grave que celle de 1967, pourtant la plus importante de ces 50 dernières années.

Selon le ministre de l’Agriculture Nick Brown, la maladie a déjà coûté à la Grande-Bretagne quelque 170 millions de livres sterling (1,79 milliards de ff/273,3 millions d’euros). Les pertes pour les professionnels du négoce de viande et de bétail vivant pourraient s’élever à 570 millions de livres (6 milliards de ff/916 millions d’euros).

Nick Brown envisage “sérieusement” à présent de vacciner le bétail, une hypothèse pour l’instant récusée par l’Union européenne, qui avance des problèmes de coûts et de fiabilité. “Je souhaite éviter la vaccination si j’en ai la possibilité, mais s’il est nécessaire de contrôler la maladie plus rapidement, alors j’ai bien sûr le devoir de l’envisager”, a-t-il dit.

De nombreux pays interdisent l’importation d’animaux vaccinés, qui présentent des anticorps de la maladie tout comme le bétail infecté, rendant plus difficile l’identification du virus. Les experts du comité vétérinaire sont actuellement réunis à Bruxelles pour débattre de la question. L’opposition à une campagne de vaccination massive reste forte.

“Le type de vaccination dont il est question ne sera pas une vaccination dans toute l’Europe. C’est hors de question”, a commenté Beate Gminder, porte-parole de la Commission européenne pour les questions de santé publique.

En attendant, la Grande-Bretagne a encore renforcé son dispositif. Tous les animaux vivant dans un rayon de trois kilomètres autour d’exploitations agricoles infectées seront désormais abattus. Ces mesures étaient initialement prévues uniquement pour les zones les plus touchées du nord de l’Angleterre et du sud de l’Ecosse.

Source : AP

Commentaires