Pénuries d’eau, pollution et surpêche: le PNUE tire la sonnette d’alarme

Paris (France), 21 mars 2006 – Les pénuries d’eau douce, la pollution et la surpêche vont intensifier les dégâts environnementaux au cours des quinze ans à venir, estime un rapport sur les ressources mondiales en eau établi à l’initiative du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Différents phénomènes, tels que l’affaiblissement de débits fluviaux dus à des détournements de cours d’eau, la pollution et la surexploitation des ressources halieutiques, s’amplifieront dans de nombreuses régions du monde d’ici 2020, avertissent les 1.500 experts qui ont contribué à ce rapport.

Avec les pertes de terres arables et les dommages aux zones de pêches, la malnutrition et la maladie se répandront, indique ce rapport sur « L’évaluation mondiale des eaux internationales » publié mardi, à la veille de la Journée mondiale de l’eau.

« Notre échec commun d’apprécier la vraie valeur monétaire des biens et services que nous procurent les eaux internationales, et de limiter la portée de leurs bénéfices à la minorité plutôt qu’à la majorité, nous appauvrit tous », a commenté Klaus Toepfer, directeur exécutif du PNUE.

L’agriculture pose la question la plus préoccupante, alors que la demande de produits agro-alimentaires nécessitant un apport considérable en eau augmente, estiment les experts. L’agriculture irriguée représente 70 pour cent de l’eau douce puisée et n’en restitue que 30 pour cent à la nature, soulignent-ils.

La pollution est également une des grandes préoccupations dans de nombreuses régions fluviales et côtières.

L’eutrophisation, l’appauvrissement en oxygène des eaux profondes, dû notamment au déversement de fertilisants agricoles et d’eaux usées, a été constatée dans des lacs, des rivières et des mers presque fermées d’Europe, d’Asie centrale et d’Afrique subsaharienne.

L’impact des déversements de pétrole est considéré d’une « gravité extrême » dans la mer des Antilles, le Bassin du Niger et le Courant du Benguela en Afrique du sud-ouest.

Le rapport met en cause « la surexploitation des réserves halieutiques et les méthodes de pêche destructrices » telles que le chalutage de fond, ou la pêche à l’explosif dans les récifs coralliens.

Enfin, les changements climatiques pourraient avoir des « conséquences majeures » sur les écosystèmes marins dans des régions vulnérables telles que les bancs orientaux et occidentaux du Groenland, le courant du Benguela au large de l’Afrique du Sud-Ouest, le courant des Canaries au large du Nord-Ouest africain, le courant Humboldt au large de la côte ouest de l’Amérique latine.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)
http://www.unep.org/

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