Porc : vers une année record des exportations en 2016

Jacques Pomerleau présentait une conférence devant 275 membres de l'AQINAC le 9 mai dernier.

Jacques Pomerleau présentait une conférence devant 275 membres de l’AQINAC le 9 mai dernier.

Les exportations de viande de porc sont sur une telle lancée depuis le début de l’année que le président de Canada Porc International, Jacques Pomerleau, prédit une année record. Voilà un vent d’air frais après un léger ralentissement des exportations en 2014 et 2015. La fermeture du marché russe a nui aux exportations canadiennes de porc. C’est maintenant la Chine qui redressera la situation. L’année 2016 marque aussi la mise en place d’un nouveau sceau d’excellence.

Très bonne année 2015

L’année 2015 a tout de même été la troisième meilleure année d’exportation de la viande de porc pour le Canada : 1 173 360 tonnes, mais la deuxième meilleure années en valeur monétaire : 3,434 milliards de dollars.

Le Québec a connu une année record en 2015 avec 521 388 tonnes exportées. C’est de loin la plus importante province exportatrice de porc au Canada avec 45% de toutes les exportations au pays. Les exportations de porcs québécois sont aussi représentative au niveau international avec 10% de toutes les exportations mondiales de porc.

Marchés en croissance

Même si les États-Unis sont la principale destination pour notre porc, suivie par le Japon, la Chine et le Mexique, Canada Porc International travaille sur tous les marchés. « C’est notre philosophie de ne pas négliger aucun marché, dit Jacques Pomerleau. On ne sait jamais quand est-ce qu’on en aura besoin. On l’a vu avec la Russie. »

Certains marchés, même petits, sont en nette progression. C’est le cas notamment du Vietnam avec 662% d’augmentation en 2015 (3468 tonnes) et de l’Afrique du Sud avec 385% d’augmentation (7 182 tonnes).

Chine : le futur Japon

Le marché qui draînera l’augmentation des exportations de porcs cette année est la Chine. Jacques Pomerleau affirme que ce pays a le « potentiel de devenir un autre Japon ». Avec une classe moyenne de plus en plus nombreuse et désireuse d’acheter des parties plus nobles de porc, les ventes sont en nette progression. Le porc canadien a une excellente réputation en Chine.

Il y a cependant des obstacles à surmonter. Seul le porc congelé y a accès pour l’instant. Des certificats d’exportation sont nécessaires pour pouvoir y exporter des produits frais ou transformés. Canada Porc International réalise que beaucoup d’efforts devront être consentis pour y implanter la marque Canadien. C’est pourquoi l’organisation a décidé d’y établir un bureau de marketing à Shanghai cet été.

Autre pays

D’autres pays sont en développement. C’est le cas du Japon qui, avec la ratification du partenariat transpacifique devrait être un marché en progression.

L’Inde s’annonce aussi un pays prometteur avec une récente entente vétérinaire permettant dorénavant d’y exporter du porc. Contrairement à la croyance populaire, la majorité des Indiens sont ni musulmans, ni végétariens. Il y a donc une majorité de gens qui sont susceptibles de manger de la viande. Le porc n’est toutefois pas une viande de choix, par manque de salubrité. Canada Porc International vise le marché des grands hôtels et des grands détaillants, ce qui pourrait représenter plusieurs millions de dollars par année. Une entente de libre-échange avec l’Inde est en préparation.

En Corée du Sud, le porc canadien a perdu des parts de marché depuis une entente de libre-échange avec les États-Unis et l’Union européenne. Jacques Pomerleau croit qu’il faudra deux à trois ans avant que le porc canadien obtienne le même traitement tarifaire que les États-Unis et l’Union européenne.

Pour leur part, la Russie et la Confédération des États indépendants ne seront plus jamais aussi profitables qu’avant la mise en place des sanctions russes.

Nouveau sceau d’excellence

Sceau

Le nouveau sceau d’excellence de Canada Porc International.

Pour démarquer notre produit, Canada Porc International misera sur le programme L’excellence du porc canadien. C’est la nouvelle appellation pour le programme AQC qui regroupe trois composantes : traçabilité, salubrité et bien-être animal.

Basé sur ce programme du Conseil canadien du porc, Canada Porc International a créé un sceau d’excellence. Il est disponible en trois versions : français, anglais et bilingue. Le sceau a tout de suite été adopté par des acheteurs étrangers. Voir image ci-jointe.

Une retraite bien méritée

Après 25 ans à mettre en place Canada Porc International et à faire croître les exportations canadiennes de porc, Jacques Pomerleau a annoncé sa retraite prochaine aux 275 personnes présentes au souper-conférences « homards » de l’AQINAC du 9 mai dernier. Il y présentait une conférence sur l’évolution des exportations canadiennes de porc.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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