Portrait agroenvironnemental de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : des progrès significatifs

Saint-Alphonse (Québec), 5 juillet 2005 – À l’occasion d’une conférence de presse tenue à la Ferme Belgi M.A.G. enr. de Saint-Alphonse, M. Louis Bigaouette, directeur régional de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), et Mme Nicole Lapointe, présidente de la Fédération de l’UPA Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, ont participé au dévoilement des résultats régionaux du sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes du Québec. L’heure était également au bilan des actions accomplies relativement à la stratégie agroenvironnementale régionale.

M. Bigaouette et Mme Lapointe ont tous deux souligné les efforts et les progrès réalisés par les productrices et les producteurs agricoles au cours des dernières années en matière de protection de l’environnement. Les résultats sont révélés dans une étude intitulée Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec.

Les progrès touchent notamment la gestion des fertilisants de ferme, la construction de structures d’entreposage étanches des déjections animales et l’implantation d’enclos d’hivernage aménagés selon le Guide des bonnes pratiques environnementales pour la gestion des fumiers des bovins de boucherie. Depuis 1998, plus de 1,2 million de dollars ont été investis par les entreprises agricoles locales et le MAPAQ pour l’entreposage des fumiers et l’aménagement de sites d’abreuvement. De plus, 84 entreprises agricoles sont devenues membres d’un des quatre clubs-conseils en agroenvironnement actifs dans la région.

Le sondage effectué par le MAPAQ, avec la collaboration de l’UPA et d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), avait pour objet de mesurer l’évolution des pratiques agroenvironnementales des fermes québécoises depuis le premier portrait réalisé en 1998. L’analyse et l’interprétation des résultats de ce sondage ont été confiées à la firme BPR inc., conjointement avec le service de consultation statistique de l’Université Laval. Les informations ont été recueillies auprès d’un échantillon représentatif d’entreprises agricoles des différentes régions du Québec, dont la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Des données issues des fichiers du MAPAQ et du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) ont été ajoutées à celles du sondage afin d’obtenir un portrait complet de la situation.

« Je tiens à souligner les efforts déployés par les entreprises agricoles au chapitre de la protection de l’environnement. Le milieu agricole travaille fort pour se conformer à la réglementation environnementale, et ce, malgré un contexte qui n’est pas toujours favorable. Les entreprises qui choisissent le virage environnemental améliorent généralement leur système de production. Je félicite les agricultrices et les agriculteurs et les encourage à poursuivre dans ce sens », a déclaré M. Bigaouette.

Selon Mme Nicole Lapointe, cette étude fait ressortir la spécificité de la région en matière d’environnement. « La Gaspésie et les Îles, ce n’est pas pareil! La concentration du cheptel composé de bovins et d’ovins est faible, soit de 0,4 unité animale par hectare. Elle exerce peu de pression sur l’environnement. Les prairies et les pâturages, qui occupent 70 % des superficies en culture, agissent comme une bande filtrante. Or, nos entreprises sont parmi les plus performantes au Québec en ce qui concerne le respect des bandes riveraines. Ces faits expliquent pourquoi les études du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs lui-même reconnaissent la qualité exceptionnelle de l’eau de nos rivières », a-t-elle déclaré.

À la lumière des données recueillies, le plan d’action régional sera ajusté afin de poursuivre la stratégie agroenvironnementale et de mieux répondre aux besoins des productrices et producteurs agricoles de notre région.

Faits saillants des progrès réalisés en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, la pression environnementale de l’agriculture n’est pas aussi forte que dans les régions centrales du Québec. Nombre de nos entreprises ont pris le virage agroenvironnemental en adoptant des pratiques de conservation de l’eau et des sols tout en optimisant la gestion de leurs élevages et des activités culturales. Plusieurs de ces améliorations ressortent dans le Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec.

Mentionnons qu’au total 120 entreprises gaspésiennes ont participé au sondage. Parmi celles-ci figuraient 22 entreprises laitières, 54 fermes bovines et 26 entreprises de production de céréales, de pommes de terre ou de cultures maraîchères.

Les faits saillants du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental sont présentés selon cinq thèmes englobant les principaux paramètres des pratiques agroenvironnementales à la ferme.

Thème 1 – Réduction de la pollution localisée
La pollution localisée est celle qui résulte des écoulements autour des installations d’élevage. Entre 1998 et 2003, l’entreposage en structures étanches (réservoirs et plates-formes) a progressé, passant de 1 % à 14 % du cheptel animalier gaspésien. Depuis 1998, sept structures d’entreposage étanches ont été construites et huit complexes d’enclos d’hivernage ont été aménagés selon le Guide des bonnes pratiques environnementales pour la gestion des fumiers des bovins de boucherie.

Pour la période de 1998-2005, le MAPAQ a versé 692 000 $ d’aide financière par l’intermédiaire du programme Prime-Vert pour l’aménagement de milieux étanches. La part versée par les entreprises excède 200 000 $. Depuis 1998, les investissements totaux dépassent un million de dollars pour la région.

Thème 2 – Réduction de la pollution diffuse par l’azote et le phosphore
Le bilan d’azote illustre la pression exercée par les charges fertilisantes appliquées sur les superficies en culture. La région étant déjà reconnue pour sa production extensive de fourrages, on ne s’étonne pas de la stabilité du bilan d’azote, qui est déficitaire, soit de moins 11 kg /ha/année.

Une fertilisation excessive et répétée en phosphore combinée à la perte de sédiments peut détériorer la qualité de l’eau dans les ruisseaux et rivières. Le bilan de phosphore comptabilise les apports totaux en phosphore provenant du cheptel et des engrais minéraux et les compare aux prélèvements des plantes de l’ensemble des superficies cultivées.

Le sondage confirme une diminution du bilan de phosphore à la surface du sol, passant de 21 kg/ha/année en 1998 à 16 kg/ha/année en 2003. À ce jour, 107 bilans de phosphore ont été déposés au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). À l’exception d’une ferme, ils étaient tous équilibrés ou déficitaires.

De plus, la compilation des analyses de sols de la région démontre que les terres cultivées ont la capacité de recevoir plus de phosphore. Il est donc envisageable de les enrichir substantiellement pour répondre aux besoins des cultures sans affecter la qualité des cours d’eau. Cet enrichissement doit être planifié à l’aide d’un plan de fertilisation. Les plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF) et le bilan de phosphore permettent à l’agricultrice et à l’agriculteur, accompagnés de leur agronome, de faire une gestion adéquate des apports en fertilisants organiques et minéraux.

Thème 3 – Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
Le sondage indique que 26 % des surfaces ont reçu des pesticides en 2003, une augmentation de 8 % par rapport à 1998. Cette observation confirme la tendance à la hausse des productions annuelles aux dépens des prairies.

La proportion des entreprises employant des pesticides qui utilisent le registre des applications est passée de 20 % à 46 % en 2003. Il est important de souligner que des pratiques de dépistage des ravageurs ont été introduites dans les entreprises horticoles de la région. Le dépistage permet aux producteurs d’intervenir au bon moment et avec le produit adéquat pour lutter contre les insectes et les maladies.

À l’exception des productions maraîchères et de quelques productions spécialisées, il s’utilise peu de pesticides dans la région.

Thème 4 – Conservation des sols et protection des cours d’eau
L’agriculture est extensive dans notre région. Les prairies et les pâturages dominent et favorisent la conservation des sols. La présence d’un couvert végétal permanent diminue les risques de dégradation par l’érosion et de perte de sédiments. En outre, le relief du territoire oblige les entreprises à laisser incultes de larges bandes riveraines permanentes qui sont le plus souvent boisées. Le sondage précise que 85 % des entreprises déclarent conserver une bande intacte de 3 mètres ou plus, un atout en matière de conservation des sols.

Concernant l’accès des ruminants aux cours d’eau, la moitié du cheptel (53 %) avait accès aux cours d’eau en 1998. Cette proportion aurait reculé jusqu’à 27 % en 2003. Plusieurs entreprises ont aménagé des aires d’abreuvement en retrait dans les pâturages. À la demande des entreprises, de nombreux plans d’aires d’abreuvement sont en cours d’élaboration à la Direction régionale.

Thème 5- Réduction des odeurs
L’absence d’élevage à forte charge d’odeur, la prédominance de la gestion solide des fumiers et l’omniprésence de la forêt expliquent pourquoi peu d’entreprises agricoles manifestent le besoin de reboiser ou d’installer des écrans boisés pour atténuer les odeurs.

Clubs-conseils en agroenvironnement
Soulignons que 84 entreprises agricoles, soit 29 % des entreprises de la région, ont adhéré volontairement à un club-conseil en agroenvironnement (CCAE). Les agronomes des CCAE accompagnent les entreprises dans l’adoption de pratiques culturales meilleures pour l’environnement. La contribution de ces agronomes et la volonté des entreprises expliquent l’évolution positive du bilan agroenvironnemental de la région depuis 1998.

L’influence des CCAE se remarque particulièrement dans l’amélioration de l’utilisation des fumiers. En 1998, une forte proportion des fumiers était épandue tardivement en été ou à l’automne. En 2003, les épandages sont effectués plus tôt, dès le printemps, et mieux répartis durant la saison.

L’augmentation du taux d’utilisation des registres d’épandage des fumiers et l’augmentation du nombre d’analyses de fumiers découlent directement de l’influence des clubs.

Conclusion
À l’échelle tant provinciale que régionale, le sondage révèle une amélioration des pratiques agricoles en matière de conservation de l’environnement.

En ce qui concerne la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, les résultats du sondage permettront d’ajuster le plan d’accompagnement régional pour aider les productrices et les producteurs agricoles à poursuivre leurs efforts en vue d’une gestion agroenvironnementale de leur entreprise.

Pour obtenir de plus amples renseignements au sujet du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec, vous pouvez consulter le site Internet du MAPAQ.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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