Pour contrer la « mal-bouffe » : un repas gastronomique et écologique

Montréal (Québec), 19 septembre 2001 — La gastronomie et l’écologie font-elles bon ménage ? Selon Normand Laprise, chef et propriétaire du très réputé restaurant Toqué, et Daniel Pinard, animateur de l’émission Les pieds dans les plats, la réponse est sans équivoque, OUI ! Pour le démontrer, ils se sont chacun associés à un événement organisé par Équiterre: un souper gastronomique de cinq services et un 5 à 7 bénéfice.

Normand Laprise préparera donc un souper de cinq services en utilisant presque exclusivement des aliments biologiques du Québec. Selon M. Laprise, « L’exercice ne sera pas très difficile. Nous nous approvisionnons déjà auprès de petits producteurs de la région, dont certains sont certifiés biologiques. Pour ce repas, nous ajouterons simplement quelques nouveaux produits et fournisseurs. Certains produits proviendront quand même de l’étranger dont l’un des vins biologiques et, évidemment, le café qui sera certifié biologique et équitable. »

Daniel Pinard, quant à lui, animera une soirée « 5 à 7 » au Lion d’Or où il sera question d’alimentation, de production agricole et d’environnement. Encore là, les bouchées et boissons servies seront biologiques et, pour la plupart, des produits du terroir. M. Pinard n’a pas hésité à accepter l’invitation d’Équiterre : « Notre système alimentaire et agricole doit être modifié de fond en comble. Le Québec a le potentiel de produire autre chose que du lait, du blé d’Inde et du porc ! Pourquoi le gouvernement ne ferait-il pas la promotion des petits producteurs biologiques ? Ce 5 à 7 sera une occasion de discuter de ces grands enjeux avec les militants d’Équiterre. »

« Au Québec, poursuit Sidney Ribaux, coordonnateur général d’Équiterre, 70 % des aliments biologiques proviennent des États-Unis. C’est un non-sens du point de vue écologique et économique. Ce secteur représente pourtant 4 % du marché québécois de l’alimentation et connaît une croissance d’environ 15 % par année. Pourquoi ne pas en profiter davantage ? En plus de l’intérêt économique, la production locale réduirait la pollution atmosphérique qui résulte du transport des aliments. En Amérique du Nord, le trajet moyen parcouru par un aliment, du champ à la table, est de 2400 kilomètres. » Selon Équiterre, l’on devrait choisir, en priorité :

  • Les produits locaux (Québec et environs), si possible directement du producteur ;
  • Les produits certifiés biologiques ;
  • Les produits certifiés équitables ;
  • Les produits peu ou pas emballés.

Jusqu’à tout récemment, l’alimentation biologique a souvent été reléguée à un segment marginal du marché. Toutefois, les consommateurs et consommatrices s’y intéressent de plus en plus. Les crises de la vache folle et de la fièvre aphteuse, l’arrivée des organismes génétiquement modifiés et de récentes publications sur les dangers des pesticides pour la santé humaine ont contribué à aiguiser l’appétit des consommateurs pour les aliments écologiques.

En organisant ces événements, Équiterre souhaitent démontrer que l’alimentation écologique est de plus en plus à la portée de tous. Équiterre anime depuis 1996, un réseau qui permet aux consommateurs d’acheter directement de producteurs agricoles biologiques. Ce réseau est passé d’une trentaine à plus de 5000 adhérents en 2001. Pour répondre à la demande des consommateurs et consommatrices, Équiterre a aussi collaboré à l’édition d’un guide intitulé Montréal : bio et nature, qui vient de paraître, pour aider les consommateurs à trouver les bonnes adresses « vertes » à Montréal.

Les bénéfices du souper et du 5 à 7 seront investis dans les projets éducatifs d’Équiterre. Les places pour le souper-bénéfice qui aura lieu demain au restaurant Toqué sont déjà toutes réservées. Les gens sont invités au 5 à 7 qui aura lieu au Lion d’Or à Montréal le 10 octobre prochain.

Les personnes intéressées peuvent obtenir de plus amples renseignements via le site Web d’Équiterre ou par téléphone au (514) 522-2000.

Équiterre est un organisme à but non lucratif, actif depuis 1993. Regroupant 1000 membres à travers le Québec, il a pour mission de promouvoir des choix écologiques et socialement équitables. Ses bénévoles et employés travaillent au sein de quatre programmes : l’agriculture écologique, le commerce équitable, le transport écologique et l’efficacité énergétique.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Équiterre

http://www.equiterre.qc.ca/

Commentaires