Pour un moratoire sur les OGM

Montréal (Québec), 16 septembre 2008 – Dans le cadre de l’élection fédérale, une large coalition d’organismes de la société civile coordonnée par le Réseau québécois contre les OGM (RQcOGM) et le Canadian Biotechnology Action Network (CBAN) demande à tous les candidats et partis politiques de s’engager à appuyer un moratoire sur toute nouvelle autorisation d’OGM au Canada, tant que les procédures d’évaluation des risques liés aux OGMn’auront pas été renforcées, de manière à les rendre conformes aux normesscientifiques internationales découlant du principe de précaution.

Cet appel survient le jour de la sortie de la version DVD dudocumentaire-choc intitulé Le monde selon Monsanto coproduit par l’ONF etréalisé par Marie-Monique Robin, qui signe également un livre au même titre.

Selon Eric Darier, directeur de Greenpeace au Québec, « personne ne peutrester indifférent après avoir vu le documentaire Le monde selon Monsanto ». Lefilm documente l’histoire de Monsanto, le numéro un mondial des producteurs desemences OGM et l’une des multinationales les plus controversées. On y montrecomment certains rapports falsifiés, la collusion et le lobbying mêlé detentatives de corruption ont contribué à faire de Monsanto l’une des plusimportantes firmes agrochimiques et semencières au monde.

« Après avoir vu ce documentaire, tout le monde comprendra commentMonsanto a réussi à convaincre les gouvernements d’autoriser les OGM sansavoir eu à fournir des preuves scientifiques crédibles et indépendantes »,soutient Denis Farlardeau de l’ACEF de Québec. « Ottawa a bien fait de refuser,en 1999, la commercialisation par Monsanto de l’hormone de croissance bovinerecombinante. Le prochain gouvernement devrait avoir le même courage et mettreen place un moratoire sur l’autorisation de nouveaux OGM ».

D’après Benoit Girouard de l’Union paysanne, « les cultures OGM deMonsanto, celles du soja, du canola et du mais, ont pour effet de rendre lescultivateurs dépendants de son herbicide, le Roundup. Ce contrôle grandissantd’une poignée de multinationales comme Monsanto sur l’agriculture constitueune menace à la sécurité et à la souveraineté alimentaire ».

Le Canada et les Etats-Unis font partie des très rares pays quipersistent à refuser l’étiquetage obligatoire des aliments contenant des OGM.Le gouvernement prive les consommateurs canadiens de leur droit le pluslégitime de savoir ce qu’ils mangent. « L’influence démesurée de l’industriedes biotechnologies sur Ottawa explique pourquoi le gouvernement Harper et unemajorité de députés(*) ont voté, en mai dernier, contre le projet de loi C-517qui aurait enfin permis aux consommateurs de savoir si leurs alimentscontiennent des OGM » dénonce Charles Tanguay de l’Union des consommateurs.

Les groupes membres de la coalition pressent les citoyens du Canada devoir sans tarder le film Le monde selon Monsanto, puis de rencontrer leurscandidats locaux en prévision de l’élection fédérale du 14 octobre afind’exiger d’eux qu’ils appuient l’imposition immédiate d’un moratoire sur tousles nouveaux OGM.

(*) Note: Une liste indiquant la manière dont les députés ont voté lors de la présentation du projet de loi C-517 est disponible à : http://www.greenpeace.org/canada/en/campaigns/ge/latest-developments/c-517-how-they-voted

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Monsanto Canada
http://www.monsanto.ca/

Réseau québécois contre les OGM (RQcOGM)
http://www.multimania.com/rqcogm/

Union des consommateurs
http://consommateur.qc.ca/union

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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