Québec et l’UPA court-circuitent la Commission sur l’avenir de l’agriculture selon Greenpeace

Montréal (Québec), 7 décembre 2006 – Greenpeace condamne l’entente, négociée derrière portes closes, entre l’Union des producteurs agricoles (UPA) et le gouvernement du Québec qui garantit qu’aucune nouvelle mesure réglementaire en agroenvironnement ne sera adoptée d’ici 2010.

Selon Greenpeace, cela court-circuite les audiences publiques de laCommission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois(CAAAQ), qui doivent avoir lieu de février à juin prochain, et remet enquestion la sincérité du gouvernement quant à la participation citoyenne surl’avenir de notre alimentation. « A quoi serviront ces consultations si legouvernement et l’UPA ont déjà verrouillé l’agenda politique enagroenvironnement pour les années à venir? » lance Eric Darier, responsable dela campagne OGM de Greenpeace. « C’est tout simplement l’équivalent d’unmoratoire ».

L’entente entre les deux parties prévoit des mesures jugées tropminimalistes et volontaristes par Greenpeace. A titre d’exemple, l’articlesur la biodiversité ne contient que des mesures de « sensibilisation desagriculteurs », la « plantation d’arbustes » et la mise « en valeur des boisés deferme ».(1) Nulle part, ce Plan d’action concerté sur l’agroenvironnement et lacohabitation harmonieuse ne fait référence aux grands défis pour labiodiversité que posent les organismes génétiquement modifiés ou OGM.

Pour court-circuiter sa propre initiative de consultation publique, laCAAAQ, le gouvernement accorde pour ce Plan un budget de 10 M$ sur trois ans.« Quand on compare ce montant aux subventions directes et indirectes octroyéesà l’agriculture industrielle, à la source des problèmes environnementaux, onréalise très vite que ce montant est ridicule devant les nombreux défis poséspar cette industrie », souligne Eric Darier. Le budget total de la CAAAQ est de3 M$. Son plan de court-circuitage qui a été annoncé hier est trois plus élevéà 10 M$.(2) « Doit-on en conclure que sous le gouvernement Charest l’opiniondes agriculteurs est trois fois plus importante que l’avis de la population? »,s’interroge Eric Darier.

Greenpeace souhaite rappeler au gouvernement libéral que le Québec compteplus d’électeurs que d’agriculteurs. « Au lieu de faire des cadeaux de Noel àl’Union des producteurs agricoles, Québec devrait respecter ses promessesélectorales de 2003 en faveur de l’étiquetage obligatoire des OGM », deconclure Eric Darier.

(1) Plan d’action concerté sur l’agroenvironnement et la cohabitation harmonieuse 2007-2010 www.mapaq.gouv.qc.ca/NR/rdonlyres/909C6051- 2A97-435E-9AA0-6578469510F4/0/Planconcerteagroenv.pdf
(2) Ensemble, le Ministère de l’Agriculture et le Ministère de l’Environnement ont un budget de 852 M$. Le budget alloué à l’accord de court-circuitage représente moins de 0.40 % des deux ministères en question. Il faut se rappeller que la seule Financière agricole du Québec va verser un milliard de dollars aux agriculteurs du Québec en 2006 (les 2/3 payés par les contribuables). Bref, cet accord de court-circuitage est aussi un vulgaire excercice de relation publique.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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